Nokia jette un froid dans les télécoms

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Nokia a jeté un froid dans le monde des télécoms jeudi en publiant ses résultats trimestriels. Le premier fabricant de combinés mobiles s'est ainsi vu obligé de rappeler, si besoin était, que le fameux rebond du secteur tant attendu n'était toujours pas d'actualité. Ce ne sont pas tant les résultats du second trimestre, globalement conformes aux attentes, mais les prévisions pour le trimestre en cours, qui sont vraiment décevantes. S'il n'est pas une surprise de voir la partie équipement de réseaux mobiles (Nokia Networks) continuer de souffrir, il est plus difficile d'accepter des mauvaises nouvelles dans la partie combinés, dont la santé donne le "la" du marché. Ainsi, pour la division Nokia Mobile Phones, le fabricant finnois anticipe, en dépit d'une hausse prévue des volumes supérieure à 10%, un chiffre d'affaires "stable ou en en légère baisse par rapport à l'an passé", précise le communiqué. Pour Nokia, cette contre-performance est à mettre sur le compte de la faiblesse du dollar face à l'euro, qui appauvrit mécaniquement le montant des ventes américaines lorsqu'elles sont rappatriées.Dans les réseaux mobiles, la situation n'est pas près de se stabiliser, au contraire. Après des ventes inchangées au second trimestre sur un an, le chiffre d'affaires devrait chuter de 15 à 20%. Avec à la clef, un résultat opérationnel dans le rouge. Ces deux phénomènes conjugués, les prévisions de résultats pour la période sont du coup inférieures aux prévisions du marché. Nokia table désormais sur un bénéfice par action pro forma allant de 0,15 à 0,17 euro. Une fourchette sensiblement inférieure au consensus du marché (0,20 euro par titre). Les analystes de JP Morgan prévoyaient par exemble un résultat compris entre 0,20 et 0,22 euro par titre et donc envisageaient une hausse et non une baisse des bénéfices par rapport à l'an dernier. Pour autant, dans le domaine des combinés, Nokia a maintenu ses prévisions pour le marché mondial en 2003. Il anticipe toujours une croissance des volumes de 10% par rapport aux 405 millions de combinés vendus en 2002. Au second trimestre, bien que les chiffres soient globalement conformes aux attentes, tous les indicateurs ne sont pas au vert. A commencer par ceux de la division mobiles. Déjà, le chiffre d'affaires, en dépit du lancement de 20 nouveaux modèles cette année, n'a progressé que de 2% à 5,5 milliards d'euros. JP Morgan prévoyait par exemple des ventes de 5,6 milliards d'euros, soit une progression de 3,7%. Le groupe lui-même espérait voir ses ventes croître d'au moins 4%. Une contre-performance à mettre sur le compte des taux de change défavorables euro/dollar, d'après Nokia. En 2002, les ventes de téléphones portables outre-Atlantique ont représenté 16% du chiffre d'affaires total. Autre difficulté, la rentabilité de l'activité. La marge opérationnelle pro forma de la branche atteint 23,1% sur la période, soit un point de moins qu'au précédent trimestre et alors que les analystes espéraient au moins 24%. Le prix moyen d'un portable vendu est tombé à 134,5 euros au second trimestre, contre 144 euros trois mois plus tôt. "C'est vraiment décevant de voir que les prix moyens par téléphone continuent de glisser. Les marges dans les téléphones sont toujours fortes, mais ils semblent qu'elles aient atteint un maximum", a commenté un analyste cité par Bloomberg. Sur l'ensemble du groupe, le résultat pro forma a atteint 0,14 euro par action, en baisse de 27% sur un an, mais conforme aux estimations des analystes. Un recul qui s'explique par les 399 millions d'euros de charges de restructuration passées dans la division Nokia Networks. Face à la baisse régulière de la demande, le groupe a annoncé en avril dernier qu'il supprimerait 1.400 postes dans le département.A Helsinki, la sanction a été sévère. Le titre recule de 15,68% en fin de journée à 13,26 euros. De son côté, Ericsson perd 7,89% à 8,75 couronnes. A Paris, Alcatel abandonne 5,33%.

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