L'automobile pèse sur les bénéfices de General Motors

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Après Ford, c'est au tour de General Motors (GM) de présenter ses résultats pour le deuxième trimestre 2003. Et les mêmes causes entraînant les mêmes effets, la sanction est comparable : au-dessus du consensus, mais largement en deçà des résultats de l'an passé. Ainsi, sur un an, le résultat net a été réduit de 30,3%. Au deuxième trimestre, il passe sous le milliard de dollars à 901 millions de dollars, soit un bénéfice par action de 1,58 dollar. Le consensus des analystes calculé par Thomson-First Call et par Reuters ne prévoyait qu'un bénéfice par action à 1,19 dollar. Parallèlement, les ventes globales sont restées stables (-0,06%) à 48,31 milliards de dollars.Ford avait annoncé hier une participation quasi-nulle de sa division automobile au résultat. GM n'en est pas encore là, mais sa branche Automotive n'est parvenu au deuxième trimestre à dégager qu'un bénéfice de 140 millions de dollars. L'an passé à la même période, cette même division avait affiché 1,1 milliard de dollars de bénéfice.L'explication de cette déroute est simple: comme pour Ford, elle réside dans l'échec de la stratégie de rabais des constructeurs. GM a été le premier à entrer dans le cercle vicieux des ristournes pour redynamiser le marché. En vain. Les ventes ont continué à descendre, malgré les baisses de prix. En un an, la production de véhicules de GM en Amérique du Nord a reculé de 11%, les ventes ont diminué de 8% et, pire encore, la part de marché a perdu 0,2 point en un an. A cela, s'est ajoutée la destruction le 8 mai dernier d'une usine à Oklahoma City par une tornade. Une catastrophe qui a coûté 148 millions de dollars au groupe. Résultat : le bénéfice de la division Amérique du Nord (GMNA) est passé en un an de 1,3 milliard de dollar à 83 millions de dollars seulement.Comme l'Europe reste un marché en panne et en perte (3 millions de dollars sur le trimestre), seule la zone Asie-Pacifique sauve la face de la division automobile. Le bénéfice de cette division est passé de 39 à 163 millions de dollars en un an.C'est donc la division financière (GMAC) qui permet d'éviter le naufrage complet de GM. Son bénéfice net sur le deuxième trimestre, 834 millions de dollars, est en hausse de 93,5%. Mais là aussi, méfiance. Car la seule division de GMAC à progresser significativement est celle du crédit immobilier. Son bénéfice est multiplié par sept en un an sous l'influence des taux bas qui ont engagé de plus en plus d'Américains à acheter des logements. La position de GM est donc bien fragile. La division financière, qui représente 16% des ventes globales, fournit 92,5% du bénéfice net du groupe. Et cela ne tient qu'à une situation bien particulière: des taux anormalement bas outre-Atlantique. Pour autant, le groupe entend faire preuve d'optimisme. Il a affirmé qu'il maintenait son objectif d'un bénéfice de 50 cents par action au troisième trimestre et de 4,5 à 5 dollars par action sur l'ensemble de l'année 2003. Deux objectifs au-dessus des prévisions actuelles des analystes. Malgré la demi-bonne surprise que représentent ces résultats, il sera bien difficile de séduire les investisseurs, étant donné que le rebond reste peu probable sur le marché américain dans les prochains mois. Depuis le début de l'année, l'action GM a reculé de 2,5%. En début de séance, l'action GM accusait un recul de 0,22% à 35,84 dollars.

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