Ultimatum de Bruxelles à Paris sur Alstom

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Le problème se complique pour Alstom. Mercredi matin, la Commission européenne a annoncé avoir ouvert une enquête approfondie sur le plan de restructuration du groupe. Dans un communiqué, Bruxelles explique avoir adopté le principe d'une injonction sommant la France de ne pas participer à une augmentation de capital. La Commission a néanmoins accordé un délai à Paris - jusqu'au 22 septembre - pour revoir sa copie. "La Commission examinera les mesures alternatives que la France serait susceptible de proposer", explique le communiqué. Et "ce n'est que si aucun accord n'est trouvé sur ces mesures alternatives que l'injonction prendra effet", poursuit-il.Les dernières propositions de la France n'ont donc pas permis de convaincre Bruxelles. Hier, Tilman Lueder, porte-parole du commissaire européen à la Concurrence, Mario Monti, avait indiqué que la France avait notamment proposé de participer à une émission d'obligations convertibles en lieu et place d'une entrée directe au capital d'Alstom. Une solution qui aurait permis de conditionner la conversion des obligations aux résultats de l'enquête de la Commission.Paris va donc devoir une nouvelle fois ajuster sa proposition. Car Bruxelles lui demande également de renoncer à octroyer un prêt au groupe de transport et d'énergie. Selon Mario Monti, la France a encore une "dernière chance". La question est donc désormais de savoir si un terrain d'entente pourra être trouvé d'ici cinq jours. Et sur ce point, les avis paraissent pour le moins contradictoires, que ce soit dans la communauté financière ou au sein même du gouvernement.Ainsi, bien que le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, ait dit avoir "bon espoir d'une solution favorable", Reuters rapporte en s'appuyant sur des sources proches de Bercy que la France serait "très inquiète" concernant ses chances de parvenir à un accord. Or si les négociations échouent, la situation deviendra critique pour Alstom.Sans la sécurité qu'offre la présence de l'Etat, les banquiers pourraient en effet être moins enclins à soutenir le plan de redressement du groupe. Le spectre de la faillite pourrait donc refaire surface pour l'industriel qui, au printemps, affichait une dette cinq fois plus importante que ses capitaux propres et qui doit faire face à la méfiance de ses clients (voir ci-contre).Les marchés n'ont pas tardé à réagir. Dès l'annonce de la décision de Bruxelles, le titre a décroché de 8,52%, avant d'être suspendu à la demande la société et dans l'attente d'un communiqué. Celui-ci doit être publié après la tenue, mercredi soir, d'un conseil d'administration de crise.

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