Novartis solide, malgré Roche

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L'activité de Novartis reste solide, mais sa participation dans Roche continue de peser lourd sur ses résultats. Au deuxième trimestre, les ventes du laboratoire suisses ont progressé en monnaies locales de 11%. Mais comme Novartis a basculé depuis le début de l'année ses comptes en dollars, il profite de la faiblesse du billet vert et voit son chiffre d'affaires progresser de 19% à 6,2 milliards de dollars. Pourtant, le résultat net trimestriel est quasi-stable : +1% sur un an à 1,32 milliard de dollars. Sur le premier semestre, le résultat net est en progression de 2% à 2,38 milliards de dollars. Un chiffre conforme au consensus calculé par Reuters.L'explication entre cette vigueur de l'activité et la morosité du résultat net repose évidemment dans la participation du groupe dans son voisin bâlois et concurrent Roche. Depuis l'automne 2002, le groupe possède 32,9% du capital et des droits de vote de Roche. Or, la perte inattendue en 2002 de ce dernier de 4 milliards de francs suisses a obligé Novartis a passé une charge exceptionnelle au poste "résultat provenant des sociétés associées". Cette charge s'est élevée au premier semestre à 310 millions de dollars. Du coup, la croissance du résultat d'exploitation sur le semestre (+16%) a été effacée. Cette situation obligera-t-elle le groupe suisse à clarifier sa situation vis-à-vis de l'autre grand laboratoire suisse ? Les actionnaires majoritaires de Roche ne souhaitent pas une fusion et une éventuelle OPA sera donc une longue et difficile bataille. Mais s'il faut renoncer au rachat de Roche, pourquoi Novartis conserverait-il une part aussi importante dans son capital ? Pour le moment, la direction de Novartis préfère ne rien dire. Dans une interview à Reuters, le directeur financier Raymund Breu cultive encore l'ambiguïté en affirmant que le groupe croit encore le processus de consolidation inévitable dans le secteur, tout en repoussant l'idée d'une fusion pour Novartis à court terme. Sur le plan opérationnel, le groupe conserve des positions très fortes dans un marché encore faible. Même si la croissance des ventes et du résultat d'exploitation est plus faible qu'au premier trimestre, la performance du groupe reste remarquable. "Réaliser une croissance de 10% des ventes dans un marché en recul de 6%, cela signifie que le groupe gagne des parts de marché", souligne ainsi Patrick Burgermeister, analyste chez Zürcher KantonalBank. Novartis confirme notamment sa bonne situation dans l'oncologie (traitement anticancéreux) où les ventes de produits comme le Glivec ou le Zometa progressent respectivement de 75% et de 64% sur un an. Or ce marché est un des plus dynamique et un des plus rentables de l'industrie. De bon augure donc pour l'avenir, comme le confirme Denise Gutterli-Etter, de la banque Sarasin, citée par Bloomberg. "Je suis agréablement surpris par les ventes de ces produits clés", affirme-t-elle.Autre point fort de Novartis, sa division Génériques, regroupés sous la marque Sandoz. Après l'acquisition du producteur slovène Lek, Le laboratoire suisse devient un acteur majeur du monde des génériques. Cette activité lui permet également de se mettre à l'abri du risque portant sur certaines de ces licences en lui fournissant un appréciable relais de croissance. Au deuxième trimestre, Sandoz a ainsi vu son chiffre d'affaires progresser de 76% en dollars sur un an et son résultat opérationnel grimper de 33%. Entre avril et juin, la division génériques représentait 11,3% des ventes globales et 10% du résultat d'exploitation global du groupe.Malgré la présence de cette division générique, le groupe ne cesse pas de développer sa recherche. Les dépenses de R&D, qui sont assez faibles actuellement dans les grands laboratoires, ont ainsi progressé de 40% au deuxième trimestre. Un chiffre qui là aussi rassure, car ses dépenses représentent évidemment des revenus futurs. Novartis semble donc en bonne santé. "Une machine à liquidités avec de fortes marques", résume un analyste suisse cité par Reuters. Et son président Daniel Vasella ne s'est pas privé de rappeler qu'il réitérait son objectif d'une croissance des ventes à deux chiffres sur l'année "avec des résultats permettant de poursuivre notre stratégie de R&D". Ne serait-ce le problème de la participation dans Roche, le titre disposerait donc d'une belle marge de manoeuvre puisque l'action est sous-valorisé par rapport au marché suisse de 11% selon Merrill Lynch. Lundi, l'action a néanmoins perdu 0,19% à 51,90 francs suisses.

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