Discrimination positive pour les logiciels libres

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On n'imaginait sans doute pas Linux devenir l'un des enjeux centraux d'un sommet international sous l'égide des Nations Unies. C'est pourtant ce qui s'est produit cette semaine, à Genève, au sommet mondial sur la société de l'information. En une sorte de remake du rapport de forces qui avait conduit à l'échec du récent sommet de l'Organisation mondial du commerce de Cancun, des pays dits "du sud" ont érigé les logiciels de la famille Linux en élément incontournable de la bataille pour favoriser le développement, chez eux, des technologies de l'information. En effet, comme à Cancun, ces pays se sont rangés derrière le Brésil, soutenu par la Chine, l'Inde et l'Afrique du sud, pour que l'ONU soutienne explicitement les logiciels ouverts. Pour ces pays, les logiciels libres, enrichis constamment et à très faible coût par les apports de développeurs indépendants du monde entier, sont le meilleur moyen de développer des technologies et des savoir-faire propres dans ces pays aussi peu développés dans l'informatique que dans le reste. Non sans raison, le Brésil estime qu'une telle approche est préférable à l'importation souvent très chère de systèmes "propriétaires", dont Windows est évidemment le principal symbole. Contradictoires avec les intérêts des pays développés, au premier rang desquels les Etats-Unis, les discussions ont logiquement été vives, pour finalement déboucher sur une déclaration qui va moins loin que les pays du sud ne l'auraient voulu. Selon les experts de l'ONU, un soutien trop explicite pour l'utilisation préférentielle des logiciels libres aurait pu constituer une distorsion de la concurrence. Même si plusieurs pays ont fait remarquer que l'actuelle domination des systèmes propriétaires reposait dans bien des cas sur des pratiques commerciales douteuses. Néanmoins, il reste que les logiciels ouverts, en plus d'avoir tenu le haut du pavé, devraient désormais faire l'objet d'une sorte de discrimination positive. L'ONU doit ainsi établir une agence en Europe pour conseiller les gouvernements des pays de l'Est dans l'installation et l'utilisation de systèmes informatiques ouverts. Une façon de reconnaître que dans ce secteur, peut-être encore davantage qu'ailleurs, la concurrence ne se décrète pas. Or celle-ci est assurément nécessaire pour conduire à une baisse des prix et à une amélioration de la qualité des produits. Linux et consorts méritent bien ce coup de pouce, d'autant que Microsoft, a mis 1 milliard de dollars sur la table pour réduire la fracture numérique. Généreux, mais assurément pas désintéressé.

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