Swiss choisit officiellement de s'allier avec British Airways

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"Swiss accepte la proposition d'adhésion de OneWorld et devient ainsi membre de l'alliance mondiale qui regroupe des compagnies aériennes de premier rang". C'est ainsi que la compagnie aérienne helvétique a mis fin à un long week-end de suspense sur son avenir. Depuis ce matin, des informations de presse confirmées par le président du groupe André Dose ne laissaient plus de doute: Swiss a décidé de rejoindre British Airways (BA) et American Airlines et de dédaigner les avances de la compagnie allemande Lufthansa (lire ci-contre). La compagnie a par ailleurs indiqué avoir signé avec British Airways une "déclaration d'intention portant sur une alliance stratégique". Pour le moment, le seul détail concret connu de cette alliance est la cession à BA de 8 des 14 slots (créneaux horaires de départs et d'atterrissage) de Swiss à Londres Heathrow en échange d'une facilité de crédit de 50 millions de francs suisses (32,3 millions d'euros). A noter par ailleurs que le PDG de BA, Rod Eddington, a déclaré qu'il "examinerait une prise de participation dans Swiss", sans rien préciser d'autre. En conséquence, le titre BA a perdu mardi 3,26% à 178 pence.En tout, la compagnie de Zurich estime que son entrée dans OneWorld doit lui permettre d'attendre "des retombées commerciales directes à hauteur de 100 millions de francs suisses". Plus généralement, Swiss estime que cet accord "améliore sensiblement les perspectives économiques" de la compagnie.Les retombées financières du choix de la compagnie n'ont d'ailleurs pas tardé. Deux banques, UBS et Crédit Suisse, ont ainsi indiqué qu'elles accorderaient "sous certaines réserves" un financement partiel des réserves de liquidités de la compagnie. Le montant de ce financement n'est pas précisé, mais il pourrait s'élever à 500 millions de francs suisses. Voilà qui a évidemment satisfait les investisseurs. A la reprise de cotation du titre à 14h mardi, ce dernier bondissait de 24,93% à 21,03 francs suisses. Finalement, le titre a terminé en hausse de 4,15% à 17,55 euros. "Le fait qu'ils aient réussi à prendre une décision est une très bonne nouvelle. De plus, le marché attendait une décision en faveur de OneWorld", explique ainsi un analyste interrogé par Reuters. Créée à partir des cendres de Swissair et de sa filiale moyen-courrier Crossair, Swiss n'est jamais parvenu à émerger financièrement et a accumulé les pertes. Au premier semestre, elles s'élevaient à 330 millions de francs suisses. Après de nombreuses réductions de la flotte, du personnel et des destinations, il était devenu évident que Swiss ne pouvait rester isolé dans le paysage aérien européen. Dès lors, deux options s'ouvraient : l'alliance-absorption par Lufthansa ou l'intégration dans l'alliance globale de British Airways. Nul doute que des considérations politiques ont joué dans le choix de la seconde alternative: une prise de contrôle par les Allemands aurait certainement été mal perçue dans tout le pays. Du côté de Lufthansa, on a regretté le choix de Swiss "qui aurait eu beaucoup à gagner dans une alliance" avec la compagnie allemande. Mais la compagnie de Francfort a estimé qu'elle "avait posé des conditions financières que Swiss ne s'est pas senti en mesure de remplir". Le groupe allemand a bien confirmé que les négociations portaient sur une fusion puis une intégration de Swiss dans Lufthansa, mais la marque Swiss aurait survécu. Lufthansa estime cependant que le choix helvétique n'est pas un échec. "Notre alliance, StarAlliance, reste la première alliance mondiale", a ainsi déclaré un porte-parole avant d'affirmer que la compagnie allemande allait "suivre intensément le mouvement de consolidation dans le secteur aérien européen". Il n'en reste pas moins que Lufthansa est perçue comme la grande perdante de l'opération. En fin d'après-midi, l'action abandonnait 3,86% à 1,96 euro.

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