Le pari à 600 milliards de dollars de "W"

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Il suffit d'observer son calendrier : 80 à 100 milliards de dollars de baisses d'impôts seront injectés dès la première année. La Maison Blanche en attend, paraît-il, un rebond de la consommation, une baisse du chômage et, pour faire bonne mesure, une remontée de 10% du cours des actions. Wall Street a d'ailleurs répondu présent dès hier, avec une belle remontée du Dow Jones comme du Nasdaq.Ce miracle sera accompli par l'abandon pur et simple de l'impôt sur les revenus relatifs aux dividendes perçus par un actionnaire individuel - l'argumentaire étant qu'ils sont déjà taxés au niveau de l'impôt sur les sociétés. Les démocrates s'insurgent contre cette mesure qui privilégie les plus aisés... qui sont aussi la plupart du temps des électeurs républicains.Vous suivez le regard des stratèges du Grand Old Party, qui fixe déjà l'élection de novembre 2004 ? Vous aurez dès lors compris pourquoi les arguments - souvent convaincants - des économistes opposés à ce nouveau train de mesures ne sont pas près de faire vaciller le président Bush et ses conseillers.Que disent-ils ? Que l'ordre de grandeur de l'enveloppe n'est pas suffisant rapporté à la taille de l'économie américaine. Que pèsent 100 milliards de dollars injectés dans une économie dont le PIB est de 10.000 milliards ? Et quid des années suivantes, quand la stimulation se fera nettement inférieure? En outre, la thérapie n'est pas sans danger. Elle va creuser le déficit public, déjà attendu à plus de 250 milliards de dollars pour l'année fiscale en cours, et risque ce faisant de provoquer une hausse des taux longs, préjudiciable à terme pour la croissance.Mais à long terme, selon la fameuse phrase de Keynes, "nous serons tous morts". Dans la version Bush, cela donne : "J'aurai déjà été réélu."

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