Sodexho malmené en Bourse

 |  | 528 mots
Lecture 2 min.
Malgré ce que pourrait laisser croire le cours de son action ce mardi, Sodexho ne vient pas de lancer son quatrième avertissement annuel. Si le titre du groupe de restauration plonge de 3,10% à la clôture (à 23,72 euros), c'est pour une tout autre raison. D'après l'agence Bloomberg, la Cour suprême américaine a refusé de réexaminer une plainte en nom collectif initiée par des employés du groupe aux Etats-Unis.Sodexho avait demandé à la Cour de réétudier ce dossier sur des critères techniques (c'est-à-dire sur la forme) et non sur le fond, a indiqué une porte-parole basée aux Etats-Unis. Cette plainte, lancée en 2001, regroupe environ 2.600 anciens et actuels salariés de Sodexho, lesquels accusent leur employeur de refuser d'accorder des promotions aux personnes de couleur.Si cette plainte n'a donc rien de bien nouveau, le refus signifié par la Cour suprême constitue en revanche une bien mauvaise nouvelle pour le Français. Car c'est un recours qui s'éloigne pour Sodexho concernant une action en justice qui pourrait lui coûter jusqu'à 1 milliard de dollars.Cette nouvelle en provenance d'outre-Atlantique tombe d'autant plus mal que le groupe va devoir dès mercredi s'atteler à un autre tâche: tenter de retrouver la confiance des investisseurs avec sa publication de chiffre d'affaires annuel. Certes, les analystes n'attendent pas de surprise particulière du côté des revenus de l'exercice 2002/2003 (à fin août). Selon Reuters, le chiffre d'affaires devrait ressortir à 11,78 milliards d'euros, traduisant une baisse de 6,6% en données publiées et une croissance organique de 3%.Mais, après trois avertissements au cours des derniers mois (qui ont conduit le groupe à viser un résultat net 2002/2003 de 160 millions d'euros, soit une baisse de 11%), le marché va se montrer particulièrement attentif aux perspectives de la société dirigée par Pierre Bellon. "Plus que la publication du chiffre d'affaires annuel, ce sont les prévisions du management sur l'exercice 2004 qui sont attendues", confirme Fideuram-Wargny.Les professionnels espèrent ainsi que grâce à l'arrêt des contrats non-rentables en Grande-Bretagne, à l'amélioration de la conjoncture aux Etats-Unis et à l'optimisation des achats, le groupe pourra dégager en 2003/2004 une marge d'exploitation de 4,7%, contre 4,4% attendus sur l'exercice précédent.Néanmoins, alors que certains évoquent une "communication maladroite" de la part du groupe, un rebond annoncé des résultats pourrait ne pas suffire à infléchir une crise de confiance assez profonde. "Cela fait deux ans qu'ils disent qu'ils feront 6% de croissance organique et qu'ils n'atteignent pas 3. Je ne crois pas à une reprise de l'action après cette publication car quel investisseur achèterait encore sur la foi des déclarations de M. Bellon?", s'interroge un expert cité par Reuters.Enfin, un autre facteur joue depuis plusieurs mois en défaveur de Sodexho. Le groupe souffre de la comparaison avec son concurrent Compass, que ce soit en termes de performance opérationnelle ou de valorisation boursière. Avec une valorisation de 15,1 fois ses bénéfices prévus pour 2004, "Sodexho est proche de la valorisation de son principal concurrent Compass dont la croissance des ventes et des marges est pourtant beaucoup plus vigoureuse", conclut Fideuram-Wargny.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :