Vivendi condamné à payer 20,6 millions d'euros à Jean-Marie Messier

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Jean-Marie Messier n'a pas fini de profiter des largesses de Vivendi Universal, même si cette fois c'est en désaccord parfait avec le groupe de médias. Ce dernier a en effet été condamné par le tribunal arbitral de New York à verser à l'ancien président une somme de 20,6 millions d'euros. Vivendi, qui a inscrit ce sujet à l'ordre du jour de son conseil d'administration de mardi, a déjà averti qu'il se servirait de "tous les moyens de droit à sa disposition, tant en France qu'aux Etats-Unis", pour "contester cette décision". Le nouveau PDG, Jean-René Fourtou, n'a pas tardé à se faire entendre, en qualifiant la décision du tribunal américain "d'indécente" et de "scandaleuse". "Que M. Messier ait demandé et puisse obtenir 20 millions d'euros d'un contrat américain non-approuvé par le conseil d'administration de VU est indécent quand on pense à sa responsabilité dans la très grave situation à laquelle VU a été confronté l'été dernier", a-t-il estimé. "C'est proprement scandaleux pour les actionnaires de VU ruinés, les salariés qui ont vu disparaître une grande partie de leur épargne et tous ceux sont obligés de quitter le groupe dans des conditions qui n'ont rien à voir avec le traitement qui serait accordé à M. Messier si cette sentence perdurait", a ajouté Jean-René Fourtou. Le tribunal arbitral à l'origine de la décision a été constitué sous l'égide de l'American Arbitration Association. Sa mission: régler un différend à propos des modalités de départ de l'ancien président. Le groupe de médias demandait en l'occurence l'annulation du "Termination Agreement" (contrat de cessation d'activité) de J2M signé le 1er juillet 2002, une requête finalement rejetée par le tribunal. Dans son communiqué, le groupe de médias français assure que son conseil d'administration n'a jamais approuvé ces conditions de départs. Ex-PDG star de VU, Jean-Marie Messier avait été poussé à la porte du groupe l'an passé sous la pression de son conseil d'administration et de ses actionnaires. La stratégie de l'ancien conseiller de Balladur, jugée hasardeuse par les observateurs, les mêmes qui l'avaient un temps porté aux nues, a en effet fini par amener le groupe français au bord de l'étranglement financier. D'ailleurs, depuis son départ, son remplaçant Jean-René Fourtou a remis en question toutes les décisions prises par Messier. Il est en ce moment même en train de vendre les activités américaines. Avec un objectif: réduire radicalement la dette accumulée par le groupe.Ironie du sort: la décision du tribunal new-yorkais intervient au même moment qu'une autre annonce, celle de la cession de la participation espagole de Vivendi dans Xfera pour un euro symbolique. Cette filiale de VU avait aquis une licence UMTS en 2000. Mais depuis, le lancement de l'offre de téléphonie nouvelle génération n'a cessé d'être reporté en raison de problèmes techniques et financiers. Vivendi était le premier actionnaire de Xfera avec 26,3% des parts. Preuve que VU veut assainir son bilan, le groupe a aussi annoncé ce lundi le lancement d'un placement privé de 1,1 milliard d'euros d'obligations à 5 ans destiné à rembourser une ligne de crédit de 1,3 milliard d'euros de sa filiale de téléphonie. Ce crédit a été contracté par la SIT, détenue à 100% par VU. La SIT a été créée afin de financer l'acquisition des 26% de Cegetel détenus par BT Group. Ainsi, VU veut simplifier la structure de détention de Cegetel. A Paris, le titre recule de 2,52% à 15,85 euros en clôture.

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