Parmalat a déposé son bilan auprès du tribunal de commerce de Parme

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Parmalat place définitivement son sort entre les mains du gouvernement italien. Selon Dario Picone, un avocat du groupe, le spécialiste transalpin des produits laitiers a déposé mercredi son bilan auprès du tribunal de commerce de Parme. Une information qui a également été confirmée par le groupe.Le but de la manoeuvre est bien entendu de pouvoir profiter du décret-loi adopté en urgence mardi concernant la procédure de sauvetage des grandes entreprises en crise et qui doit permettre "la restructuration et pas la liquidation", selon Antonio Marzano, ministre italien de l'Industrie.Désormais, c'est donc un "commissaire", Enrico Bondi (l'artisan du redressement de Montedison), qui va prendre en main la destinée de la société. Sous la tutelle du ministère de l'Industrie, il va pouvoir élaborer un plan de restructuration et éventuellement envisager des cessions afin de sauver ce qui peut l'être des 36.000 emplois du groupe. Parallèlement, le gouvernement italien avait déjà la veille appelé Bruxelles à l'aide en lui demandant de "reconnaître l'état de crise dans le secteur laitier et fromager". Car d'après la confédération des exploitants agricoles, la chute de Parmalat menacerait plus de 5.000 sociétés.En tout cas, toute la lumière est encore loin d'être faite sur ce scandale financier vécu comme un véritable séisme en Italie. Si le groupe a reconnu que les 3,9 milliards d'euros de liquidités revendiqués par sa filiale des Iles Caïmans, Bonlat, n'existaient pas, le problème est désormais de savoir quelle est l'étendue des dégâts. Apparemment, plusieurs sources s'accordent pour estimer le trou à 7 milliards de dollars: outre les 3,9 milliards de Bonlat, Fausto Tonna, l'ex-directeur financier de Parmalat, a indiqué aux enquêteurs du parquet de Milan que le groupe n'a jamais racheté ses propres obligations pour un montant de 2,9 milliards d'euros, contrairement à ce qui est mentionné dans ses comptes. Mais selon l'agence Bloomberg, la facture pourrait être encore plus lourde. Parmalat serait en effet incapable de justifier l'existence de quelque 9 milliards d'euros inscrits dans ses comptes.Quant à savoir ce que sont devenus ces fonds, le Corriere della Sera tente de fournir des pistes. "Il n'est pas humainement possible, même au cours de nombreuses années, de perdre sept milliards d'euros uniquement avec la finance et l'industrie", écrit le journal en citant des sources judiciaire et en ajoutant: "le soupçon est que quelqu'un, pendant des années, a prélevé, comme si c'était un distributeur automatique de billets, des centaines et des centaines de millions d'euros".Bien entendu, tous les regards sont maintenant tournés vers Calisto Tanzi, fondateur et dirigeant du groupe jusqu'au 15 décembre dernier. Car si Fausto Tonna a fait part de manipulations comptables au sein du groupe, il a immédiatement rejeté la responsabilité de l'initiative sur sa hiérarchie. Mercredi, le parquet de Parme a délivré un mandat de perquisition au domicile de personnel de Calisto Tanzi. Les enquêteurs sont à la recherche de documents pouvant confirmer les dires de l'ancien directeur financier.L'action reste suspendue la Bourse de Milan. Elle a perdu 95% de sa valeur depuis le début du mois de décembre et a par conséquent été sortie du Mib 30, l'indice des grandes valeurs de la place milanaise.

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