Alcatel se redresse mais l'activité reste faible

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"Le pire est derrière nous", disait hier un investisseur joint par Bloomberg à propos d'Alcatel. Néanmoins, à l'image de l'ensemble de la communauté financière, il ne s'attendait certainement pas à un redressement aussi rapide de la part de l'équipementier. Car Alcatel a réalisé un troisième trimestre largement meilleur qu'attendu, principalement sur le plan opérationnel. Deux raisons à cela, selon le groupe: "la poursuite de la réduction des coûts et l'amélioration continue de la marge brute [elle est de 35,6% contre des prévisions de marché voisines de 31%]".Encore déficitaire de 227 millions d'euros il y a un an, l'équipementier est donc parvenu à dégager un bénéfice d'exploitation de 160 millions d'euros. C'est nettement au-dessus des 21 millions d'euros du trimestre précédent et surtout c'est deux fois plus élevé que la prévision moyenne du consensus Reuters. Les coûts fixes baissentSi le pôle "communications mobiles" a progressé de 50 à 79 millions d'euros, c'est essentiellement dans les "communications fixes" que le groupe a opéré la plus spectaculaire envolée. Grâce à la "réduction des coûts fixes", le résultat opérationnel est passé de -248 millions d'euros à +66 millions d'euros. Pour mémoire, il était à l'équilibre au deuxième trimestre. "La performance opérationnelle continue d'être forte dans l'accès large bande, dans les réseaux mobiles et dans les activités de communication et de contrôle ferroviaire, reflétant notre compétitivité sur ces marchés", précise le communiqué.Au niveau du résultat net (avant goodwill), les progrès sont également significatifs. Bien qu'il reste dans le rouge, Alcatel a ramené sa perte de 1,21 milliard à 175 millions d'euros. Là encore c'est meilleur qu'attendu, alors que le résultat intègre encore des charges de restructuration (pour un montant de 214 millions d'euros).Bref, deux conclusions s'imposent. D'abord, la rentabilité a fait un bond en avant (la marge opérationnelle est de 5,26% contre 0,7% au deuxième trimestre). Ensuite, Alcatel a atteint "plus tôt que prévu le point mort trimestriel de 3 milliards d'euros de ventes", précise-t-il lui-même.Conforté par les résultats du troisième trimestre, Serge Tchuruk, le PDG, a défini des objectifs clairs. "Les ventes du quatrième trimestre devraient croître de plus de 20% par rapport au trimestre précédent avec une marge opérationnelle en croissance de quelques points", anticipe-t-il. Cela laisse donc entrevoir au minimum un chiffre d'affaires de 3,65 milliards d'euros et un résultat opérationnel de 192 millions d'euros au quatrième trimestre.Dans ces conditions, "nous dépasserons notre objectif d'équilibre du résultat opérationnel pour l'ensemble de l'année", n'hésite pas à affirmer Serge Tchuruk. De fait, avec un cumul de 20 millions d'euros sur neuf mois et compte tenu des dernières prévisions du groupe, le résultat d'exploitation annuel devrait plutôt se situer autour de 200 millions d'euros.Les ventes déçoiventReste que si la rentabilité est en progrès, l'activité continue à stagner. Et c'est bien ce qui inquiète le marché, lequel sanctionne le titre de 2,77% en fin de séance. Sur le trimestre écoulé, le groupe n'a pas réalisé les ventes prévues par le marché. Elles sont ressorties à 3,04 milliards d'euros (soit 3,5% de moins qu'au deuxième trimestre), contre un pronostic moyen de 3,17 milliard d'euros. Et la suite des événement ne laisse pas entrevoir de réelle amélioration. Bien sûr, le groupe vise une hausse séquentielle de ses ventes de 20%. Mais le quatrième trimestre est traditionnellement porté par un effet saisonnier. En d'autres termes, si les ventes de fin d'année vont progresser par rapport au troisième trimestre, elles resteront bien inférieures aux 4,5 milliards d'euros enregistrés au quatrième trimestre 2002.Comme l'avaient déjà mentionné d'autres groupes du secteur, le secteur tarde donc à redémarrer. Et, aujourd'hui encore, la concurrence n'est pas venu arranger le sentiment des observateurs. Ericsson, repassé dans le rouge au troisième trimestre, a dit n'attendre qu'une année 2004 stable (voir ci-contre) par rapport à 2003.

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