Ryanair un peu plus mesuré que par le passé

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Il fallait bien que cela arrive un jour: après avoir aligné performance insolente sur performance insolente et délivré des pronostics toujours très confiants, Ryanair s'est montré un peu plus réservé qu'à l'habitude quant à ses attentes. Bien sûr, il n'y a encore rien de véritablement alarmant. L'exercice qui a débuté en avril devrait se solder par une nouvelle progression des bénéfices, la seizième d'affilée.Mais la guerre des prix que mène Ryanair, conjuguée à la hausse de l'euro, devrait freiner sa progression. Afin de mettre un peu plus la pression sur ses concurrents, la compagnie à bas prix va en effet mettre en place une politique tarifaire encore plus agressive. Si l'on ajoute à cela l'appréciation de l'euro vis-à-vis de la livre, les baisses de tarifs initialement attendues à -10% pourraient atteindre -15%. Une politique qui obligatoirement va avoir des répercussions sur la rentabilité. Aussi Michael O'Leary prévient-il dans un communiqué: "nous nous attendons à maintenir notre marge nette juste au-dessus des 20%."Le chiffre pourrait évidemment contenter bien des entreprises. Mais il faut reconnaître qu'il marquera un repli significatif par rapport aux plus de 28% affichés sur l'exercice précédent. Car l'exercice qui s'est achevé le 31 mars dernier s'est une nouvelle fois soldé par des performances de haute volée. "Ryanair a - pour la quinzième année d'affilée - délivré des bénéfices en hausse, malgré une baisse de 6% des tarifs moyens", résume le groupe dans son communiqué, chiffres à l'appui.La compagnie a vu son trafic croître de 42% et son chiffre d'affaires a progressé de 35%, à 842,5 millions d'euros. Le bénéfice est de même qualité. A 239,4 millions d'euros, il a gagné 59%, d'où une marge de plus de 28%. Comme il le rappelle dans son communiqué, Ryanair a donc fait fi de la hausse des prix du pétrole, de la guerre en Irak, de l'impact du SRAS et de la persistance de la crise économique.Quant à la recette qui a fait le succès de Ryanair, elle reste la même. Elle consiste à gagner des parts de marché sur ses zones existantes mais aussi à ouvrir de nouvelles lignes. Ainsi, Ryanair dit être en négociation avec 40 nouveaux aéroports sur lesquels il pourrait intervenir d'ici cinq ans. Le récent rachat de Buzz lui a également été bénéfique et devrait continuer à l'être. Ce qui lui permettra de marquer une pause dans la croissance externe. Après l'intégration réussie de cette compagnie (qui lui a apporté 15 points sur les 53% de croissance d'activité affichés en mai), Ryanair ne prévoit pas pour l'heure d'autre acquisition.En Bourse, l'action lâche 8,18%, à 404 pence, en fin de journée.

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