Un candidat de moins pour la reprise de Safeway

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Un candidat qui précise son offre, un autre qui se retire: l'étonnante bataille pour le contrôle de la chaîne de supermarchés alimentaires britannique Safeway, convoitée par six repreneurs potentiels, a franchi une nouvelle étape, ce lundi. Le groupe William Morrison, à l'origine de la première offre sur Safeway, a obtenu le feu vert de ses actionnaires pour poursuivre l'opération. A l'inverse, le fonds d'investissement américain KKR a fait savoir qu'il se retirait de la course.Kohlberg Kravis Roberts a en effet annoncé qu'il ne présenterait pas d'offre formelle de reprise pour Safeway. Dans un communiqué, le célèbre fonds d'investissement américain affirme que "KKR a décidé de s'abstenir pour le moment de poursuivre le processus d'offre potentielle sur Safeway, mais il va continuer à surveiller la situation et conservera ses options ouvertes". KKR ne précise pas les raisons qui motivent ce changement d'attitude, se bornant à indiquer qu'il a étudié le dossier avec diligence. Selon les observateurs britanniques, il semblerait en fait que le fonds américain aurait décidé de s'intéresser à d'autres projets, en particulier à la bataille qui se dessine pour le contrôle du groupe hôtelier Six Continents.Cette défection ramène à cinq les groupes ayant exprimé leur intérêt pour Safeway, le quatrième groupe de distribution alimentaire au Royaume-Uni. En janvier dernier, le coup d'envoi des grandes manoeuvres a été donné par la chaîne régionale de supermarchés William Morrison, qui a lancé une offre d'échange amicale sur Safeway (pour un montant, payé intégralement en titres, de 2,9 milliards de livres à l'époque, correspondant à environ 2,3 milliards sur la base des cours actuels).Donnant le signal d'une recomposition du marché très concurrentiel de la distribution alimentaire outre-Manche, cette initiative a suscité immédiatement des contre-feux: trois autres distributeurs de premier plan - Sainsbury, Asda (filiale britannique du numéro un américain Wal-Mart) et Tesco - ont manifesté leur intérêt pour Safeway. Et, outre KKR, le milliardaire Philip Green a exprimé des visées similaires.Ces différentes offres ne se sont pas encore concrétisées. Un lourd processus d'examen par les autorités de la concurrence, rendu nécessaire par la concentration du secteur qui résulterait d'une fusion entre deux groupes de distribution figurant parmi les cinq premiers, fait que les différents partenaires ont du temps devant eux. L'OFT (Commission de la concurrence britannique) devrait formuler ses recommandations au gouvernement vers le 18 mars.Ce qui n'empêche pas le premier groupe à avoir courtisé Safeway de poursuivre son offensive. William Morrison, qui tenait ce lundi une assemblée générale extraordinaire, a ainsi reçu le soutien de ses actionnaires. "Nous avons des projets clairs pour Safeway. La force de l'offre des magasins Morrison, notre contrôle étroit des coûts et les bénéfices d'échelle transformeront Safeway", a déclaré le PDG du groupe, Kenneth Morrison, selon qui l'apparition d'un groupe combinant les forces de Safeway et Morrison "permettra aux consommateurs de payer le prix le plus faible possible tandis que les fournisseurs bénéficieront d'accords justes et équitables". La fusion de ces deux marques créerait un groupe de supermarchés évalué à 5,5 milliards de livres, avec un chiffre d'affaires combiné de 12,6 milliards et une part de marché globale de 16,1% en Grande-Bretagne avec 598 magasins. Le groupe fusionné s'inscrirait à la quatrième place du secteur, derrière Tesco, Sainsbury et Asda.

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