France Télécom lance son augmentation de capital

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France Télécom se lance plus tôt que prévu. Alors que Thierry Breton avait jusqu'ici évoqué la période avril-juin comme première fenêtre de tir pour l'augmentation de capital de son groupe, il a finalement décidé d'en annoncer la mise sur les rails dès ce lundi.Comme annoncé en décembre lors de la présentation du plan de redressement, ce sont bien 15 milliards d'euros qui vont être levés par l'opérateur. France Télécom va offrir des bons de souscription d'actions (BSA) à ses actionnaires. Ces BSA permettront jusqu'au 4 avril d'acquérir des titres à un prix unitaires de 14,50 euros (28% de prime par rapport au cours de vendredi), et ce à raison de 19 actions nouvelles pour 20 BSA détenus.Ce volet de l'opération rapportera à l'opérateur 6 milliards d'euros. Un montant garanti par un syndicat bancaire composé de 21 banques, dont 8 coordinateurs globaux (ABN AMRO Rothschild, BNP Paribas, Crédit Agricole Indosuez Lazard, Crédit Lyonnais, Deutsche Bank, Goldman Sachs International, Merrill Lynch International, Morgan Stanley). En outre, "l'Etat a annoncé qu'il exercera la totalité de ses BSA, ce qui représente une participation à l'augmentation de capital d'environ 9 milliards d'euros".Cette opération entre bien entendu dans le cadre du plan "15+15+15". En décembre, France Télécom avait ainsi déclaré vouloir agir selon trois axes pour assainir ses comptes. D'abord, améliorer sa performance opérationnelle pour dégager 15 milliards de flux de trésorerie jusqu'en 2005 - France Télécom attend de 3 à 4 milliards sur la seule année 2003. Ensuite, refinancer sa dette à hauteur de 15 milliards - ce qui a été en grande partie accompli avec les émissions obligataires de cet hiver. Enfin, lever 15 milliards d'euros pour renforcer les fonds propres. Ces 15 milliards issus de l'augmentation de capital iront principalement à la réduction de la dette, qui atteignait 68 milliards fin 2002.En Bourse, si l'annonce a fait plier le titre en début de matinée, ce dernier est revenu sur ses pertes pour finir sur une baisse limitée (0,99%), à 20 euros. "Cette opération est attendue depuis longtemps et largement intégrée dans les cours. Malgré l'impact négatif à court terme, elle lèvera une incertitude importante qui pèse sur le redressement de la société", note Aurel-Leven. L'opération pourrait en effet avoir deux répercussions très positives pour la société: le relèvement à terme de ses notes de crédit et l'allègement de ses charges financières. A cet égard, l'opérateur a indiqué qu'il comptait réduire ses frais financiers de 500 millions d'euros en 2003 et de 700 à 800 millions d'euros les années suivantes.Par ailleurs, certains notent que le recours à des BSA n'est pas étranger au comportement de l'action. Il est en effet "une façon de soutenir le titre", note Jean-Pierre Gérémy chez Fideuram-Wargny, puisque seuls les actionnaires enregistrés ce lundi soir recevront des bons. Les investisseurs voulant souscrire à l'augmentation de capital avaient donc tout intérêt à conserver leurs titres.

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