France Télécom sort d'Italie

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Il n'aura fallu que deux semaines à France Télécom, après avoir placé sous "revue stricte" ses titres Wind, pour s'en débarasser. L'opérateur français a en effet annoncé ce matin que la participation de 26,6% détenue par sa filiale Orange dans l'opérateur italien va être vendue au groupe italien d'électricité Enel.La transaction rapportera 1,5 milliard d'euros à France Télécom, dont 1,3 milliard d'euros pour le prix de vente et 200 millions en remboursement d'un prêt d'actionnaire. En outre, "ce montant pourra être ajusté à la hausse après la conclusion de la transaction, dans le cas ou tout ou partie du capital détenu par Enel dans Wind serait cédé à un prix supérieur à celui obtenu lors de cette transaction avant le 31 décembre 2004", précise Orange. Cette sortie du capital de Wind s'accompagne d'un dénouement de tous les accords de joint venture passés entre Enel, France Télécom et Wind depuis 2000. Mais les relations commerciales entre France Télécom et Wind seront maintenues. Enel, qui est contrôlé par l'Etat italien, est un acquéreur logique pour Wind, qui est le troisième opérateur de téléphonie mobile italien et le deuxième pour la téléphonie fixe. Le groupe d'énergie détenait en effet déjà les 73,4% restants de Wind.Cela faisait plusieurs mois que France Télécom cherchait à se défaire de ses actions Wind. Thierry Breton l'avait notamment répété lors de la présentation de son plan de cession d'actifs non stratégiques visant à désendetter son groupe.Si France Télécom peut se féliciter d'avoir traité rapidement le problème de la cession de Wind, le prix retenu est cependant inférieur à ce qu'il pouvait en espérer. La valeur comptable des titres Wind dans le bilan de France Télécom est actuellement de 1,6 milliard d'euros, après la provision pour dépréciation de 1,63 milliard d'euros passée en 2002. Voici un an encore, Michel Bon, alors PDG de France Télécom, espérait retirer 5 milliards d'une cession de Wind... Mais l'accord conclu avec Enel permet à France Télécom de régler l'affaire et surtout il lui évite d'attendre une introduction en Bourse de plus en plus hypothétique. Déjà reporté l'an passé en raison de mauvaises conditions de marché, ce projet devait se concrétiser à la fin du printemps ou au début de l'été, selon ce qu'avait déclaré Enel en février. Mais l'actionaire majoritaire de Wind a annoncé ce vendredi que la cotation était à nouveau reportée à plus tard. Considérant que ce projet résultait en fait d'un engagement contractuel pris avec France Télécom, Enel estime que le désengagement de ce dernier permet d'ouvrir de nouvelles options. Car la conjoncture sur les marchés n'est pas vraiement porteuse... Du coup, l'introduction en Bourse de Wind n'interviendra que quand la société aura "atteint l'indépendance financière". Wind a également annoncé ce matin ses résultats 2002, qui montrent une aggravation de la perte nette, à 900 millions d'euros contre 782 millions un an avant. L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) consolidé progresse en revanche fortement, à 614 millions d'euros contre seulement 18 millions en 2001 (chiffre pro-forma), tandis que le chiffre d'affaires consolidé a atteint 3,921 milliards d'euros, en hausse de 13,4% sur le chiffre pro-forma de 2001 (3,457 milliards d'euros).Le groupe veut arriver à un résultat net positif à partir de 2005, son excédent brut d'exploitation devant progresser en moyenne de 40% par an d'ici là. Vendredi, après une réaction positive initiale, le marché fait chuter fortement l'action France Télécom, dans une séance pourtant très positive. En fin d'après-midi, le titre cède 4,13%, à 20,20 euros. Des rumeurs sur l'imminence d'une augmentation de capital ont fait tomber l'action dans l'après-midi, amenant le groupe à affirmer une nouvelle fois qu'aucune décision n'a encore été prise sur la date de l'appel au marché qui devra intervenir un jour ou l'autre.

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