Plan de survie pour Swiss

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Swiss, la compagnie aérienne helvétique, cherche désespérément comment assurer sa survie. En proie aux plus graves difficultés, Swiss a annoncé aujourd'hui différentes initiatives en ce sens. La mesure la plus spectaculaire est un projet de création d'une compagnie régionale. Baptisée Swiss Express, cette compagnie sera une filiale autonome. Elle sera lancée au moment de l'entrée en vigueur du prochain horaire d'hiver. Cette initiative vise à répondre à la montée en puissance de la concurrence en provenance des compagnies "low cost", qui sont en train de rafler le marché du transport aérien intérieur à l'Europe. Dès lors, indique Swiss, il faut s'attendre, dans le cadre de cette nouvelle compagnie, à des baisses de salaires. Swiss veut en effet que cette nouvelle filiale tourne avec des coûts inférieurs de 20% aux siens propres. "Ce sera une compagnie amincie, qui fonctionnera avec peu de frais administratifs et avec une offre différente en cabine", a déclaré André Dosé, directeur général de Swiss.Cette initiative n'est pas la seule annoncée aujourd'hui. Au niveau du groupe dans son ensemble, Swiss a également décidé de réduire ses coûts salariaux. Non pas, cette fois, en taillant de nouveau dans ses effectifs - depuis six mois, 1.000 emplois ont déjà été supprimés - mais en faisant accepter une réduction générale des salaires. La compagnie veut obtenir une diminution de 10%, ce qui représenterait une économie de 100 millions de francs suisses (66 millions d'euros). Pour "donner l'exemple, la direction générale a accepté dès à présent une réduction de 14% de salaire", précise la compagnie... Autre mesure annoncée ce vendredi: une diminution de 6% de l'offre totale, avec -5% en Europe, -4% en Amérique du Nord, -25% en Extrême-Orient, et -6% au Moyen-Orient. La compagnie, créée voici un an lors de l'effondrement de Swissair, se débat dans des difficultés inextricables. Comme l'ensemble du secteur aérien, elle souffre des conséquences du ralentissement du trafic lié d'abord à la guerre en Irak puis, aujourd'hui, à la crise de pneumonie atypique. Sans oublier l'attrait de plus en plus irrésistible exercé sur les voyageurs par les compagnies à bas prix.Créé sur un concept radicalement opposé - celui du haut de gamme - Swiss est particulièrement affecté, à un moment où les passagers en classe Business se font de plus en plus rares. Au point que la compagnie perd actuellement entre 1 et 3 millions de francs suisses par jour (0,6 à 2 millions d'euros).La compagnie a bien essayé d'obtenir une nouvelle aide des pouvoirs publics, mais en vain. Le gouvernement suisse, qui détient 20% du capital, vient de refuser toute intervention supplémentaire en sa faveur.Les mesures annoncées aujourd'hui seront-elles suffisantes pour tirer la compagnie d'affaires? Rien n'est moins sûr et, d'ores et déjà, Swiss a précisé que des réductions supplémentaires de capacités ou de liaisons n'étaient pas exclues, mais pas avant l'hiver prochain. Toutes les hypothèses demeurent donc envisageables à moyen-terme, de l'adossement à une autre compagnie jusqu'à une restructuration du capital. Seule possibilité récusée par Swiss, pour le moment: un arrêt de l'exploitation. La compagnie précise en effet qu'elle disposait encore à fin mars de liquidités s'élevant à 861 millions de francs suisses (574 millions d'euros). "Une immobilisation de nos avions est hors de question, Swiss dispose de liquidités suffisantes", a répété Pieter Bouw, le président du conseil d'administration, au cours de la conférence de presse de vendredi.

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