Le tourisme, principale victime des craintes d'un conflit long en Irak

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Si dans une interview à la Tribune, Gilles Raffort, analyste chez Oddo-Pinatton, estime que dans le tourisme "les cours prennent déjà en compte un scénario de guerre" (lire ci-contre), les investisseurs ne semblent toutefois pas partager sa sérénité, comme en témoignent les principales valeurs du secteur ce lundi.Ainsi, tandis qu'à Paris Club Mediterranée lâche 8,16% (19,14 euros), Kuoni s'enfonce de 6,14% (275 francs suisses) à Zurich. L'Allemand TUI (ex Preussag) n'est guère mieux loti. Il recule de 10,46%, à 9,93 euros.A première vue, il pourrait tout simplement s'agir d'un mouvement de correction, après l'embellie qu'on connue les places européennes vendredi dernier. Mais si l'aspect technique n'est bien entendu pas à négliger, il y a d'autres raisons à cette baisse.A commencer par les nouvelles peu engageantes du front irakien. "Les marchés américains ont fini au plus haut vendredi sur une vision simpliste du conflit en Irak, alors que les événements du week-end ont montré qu'il n'y a aucune raison de penser que ce sera très rapide", explique un vendeur cité par l'AFP. Face à la résistance qu'opposent à la coalition les soldats irakiens, les marchés semblent donc redouter désormais un enlisement de la guerre. Ce qui bien évidemment ne serait pas pour arranger les affaires des professionnels du tourisme.Autre facteur négatif: la pneumonie a fait quatre nouvelles victimes (deux au Vietnam et deux à Hong-Kong) ce lundi, portant le bilan total à 17 morts et près de 400 personnes contaminées.Dans ces conditions, le Club Med a beau avoir souligné qu'il n'était pas présent dans les pays "potentiellement à risque", les investisseurs restent méfiants. "Tout ce qui est lié aux loisirs, aux vacances, à l'hôtellerie va souffrir", prédit un autre opérateur.Et c'est certainement la raison pour laquelle certains ont d'ores et déjà décidé de prendre les devants. C'est le cas de TUI, qui a annoncé dans la journée vouloir aller plus loin dans ses mesures de réduction de coûts. Aux 111 millions d'euros d'économies initialement prévues pour 2003 vont ainsi s'ajouter 150 millions supplémentaires. Les deux tiers proviendront d'économies au niveau opérationnel: dépenses de télécommunications, de locations, de sponsoring...Les efforts se poursuivront également en 2004, année durant laquelle TUI souhaite économiser encore 100 millions d'euros. Comme l'a fait Club Med par le passé, l'Allemand va notamment réorganiser son siège, où une centaine d'emplois, soit un quart des effectifs, vont être supprimés. "Un pas résolu et inévitable", a déclaré Michael Frenzel, le patron du groupe.Si la tendance est donc à la morosité, quelque groupes sont tout de même un peu moins affectés par la débâcle boursière, comme Pierre & Vacances, qui limite son repli à 1,6%. Il est d'ailleurs parmi les groupes qui affichent la meilleure capacité de résistance au contexte géopolitique actuel, selon Gilles Raffort.

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