Vivendi recule en Bourse après sa perte record de 23,3 milliards d'euros

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Les investisseurs manifestent leur prudence au lendemain de la publication des résultats 2002 de Vivendi. Plus forte baisse du CAC 40 en fin de journée, l'action cède en effet 7,48% à 11,50 euros. La première raison de ce repli se trouve du côté des pertes abyssales du groupe. Car le record de France Télécom, avec 20,7 milliards de perte annuelle, n'aura pas tenu longtemps. Un jour après l'opérateur téléphonique, Vivendi Universal a en effet établi un nouveau record pour une entreprise française, avec... 23,3 milliards d'euros de déficit en 2002. Une perte qui s'avère bien plus lourde que celle de 13,6 milliards enregistrée un an plus tôt, mais aussi bien plus élevée que les 12,6 milliards qu'attendaient en moyenne les analystes interrogés au préalable par Bloomberg.Dépréciations massives"Comme France Télécom, ils vont profiter d'un marché très déprimé pour solder les comptes", prévoyait jeudi matin un vendeur cité par l'AFP. Et il avait raison. Car après les 12,6 milliards de dépréciations d'actifs comptabilisées en 2001, Vivendi a de nouveau fait le ménage en enregistrant pour 18,4 milliards d'euros de dépréciations de survaleurs au titre de 2002: 6,5 milliards pour VUE, 5,4 milliards pour Canal+, 5,3 milliards pour Universal Music Group et 1,2 milliard pour divers autres actifs. A cela s'ajoutent 2,9 milliards de dépréciations sur des investissements financiers concernant les warrants USAi et les actions Elektrim Telecommunikacja.Bref, les éléments non-récurrents ont pesé lourd. Du coup, les données sont nettement moins catastrophiques si l'on remonte dans le compte de résultats. De fait, en excluant les éléments non-récurrents, la perte nette n'est plus que de 514 millions d'euros. Et si le résultat d'exploitation global s'est légèrement tassé à 2,04 milliards d'euros, celui qui concerne les seules activités stratégiques a augmenté de 18%, à 3,2 milliards d'euros. Parmi ces activités, le groupe a notamment été soutenu par Cegetel, dont la contribution au résultat d'exploitation s'est envolée de 56%, à 1,45 milliard d'euros. En revanche, Canal+ reste la seule activité de coeur de métier déficitaire au niveau de l'exploitation, avec -295 millions contre -374 un an plus tôt. Endettement en baisseMais c'est aussi sur l'endettement qu'était attendu le groupe de Jean-René Fourtou. Et sur ce point, si Vivendi a voulu montrer les efforts accomplis, il n'a en revanche pas répondu à toutes les interrogations. Certes, alors qu'elle était attendue à près de 14 milliards d'euros, la dette nette a été ramenée à 12,3 milliards d'euros (grâce au cessions et la déconsolidation de Vivendi Environnement) contre plus de 37 milliards l'an passé. En outre, le groupe a confirmé qu'il comptait céder sur l'année environ 7 milliards d'actifs et a indiqué au sujet de ses actifs américains - qui intéresseraient en partie Viacom - qu'il examinait toutes les options, qu'elles soient industrielles ou financières. Néanmoins, il n'a pas énuméré les actifs seront cédés. Bref, il reste à "comprendre quelle sera la véritable stratégie du groupe, les contours sont encore flous et vont dépendre des cessions d'actifs qui sont annoncées", note Jean-Noël Vieille, chez Aurel-Leven.Pour celà, il faudra patienter: face aux multiples opérations qui devraient encore intervenir, Vivendi précise que "2003 sera une année de transition". Et "en 2004, nous recueillerons les fruits des actions que nous avons engagées", précise le communiqué. 2003 devrait toutefois déjà être synonyme de redressement. Vivendi table pour cette année sur une forte amélioration de son résultat opérationnel et espère redevenir rentable si l'on exclut les éléments exceptionnels et les survaleurs.

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