Coup de torchon sur l'action Suez

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Mais que se passe-t-il sur l'action Suez? Le titre, déjà attaqué ces jours derniers, est tombé en flèche, en milieu de matinée, avant d'être réservé à la baisse sur une chute de près de 16%. A la reprise de cotation, l'action s'est fortement reprise, pour être réservée à la hausse, à 12,05 euros. Un rétablissement qui n'a cependant pas duré. Confrontée à de tels mouvements, la direction du groupe a annoncé qu'elle demandait à la Commission des Opérations de Bourse d'ouvrir une enquête.C'est en milieu de matinée que l'action du groupe de services au collectivités a brutalement décroché, tombant à 10,98 euros avant d'être suspendue. C'est, semble-t-il, une floraison de rumeurs sur la situation financière du groupe qui serait à l'origine de ce mouvement. Certains opérateurs s'inquiéteraient d'une supposée crise de liquidités, voire même de problèmes comptables du groupe. Les anomalies comptables révélées lundi chez le distributeur néerlandais Ahold susciteraient la crainte de problèmes similaires au sein du groupe Suez, actif dans l'eau, l'énergie et la propreté... "Le titre souffre de rumeurs d'irrégularités dans ses comptes. L'affaire Ahold crée une psychose sur les groupes endettés, dont la remise à niveau des bilans est en cours", commente ainsi un vendeur interrogé par Reuters. Selon les intervenants du marché interrogés par les agences de presse, ce sont des fonds spéculatifs qui joueraient actuellement contre Suez, vendant massivement le titre à découvert. Réagissant à ces rumeurs et cette chute des cours, la direction de Suez a demandé à la COB d'ouvrir une enquête "sur les mouvements erratiques de son cours suite à des fausses rumeurs propagées sur le marché". Et répondant aux interrogations sur sa situation financière, le groupe a précisé, dans un communiqué, qu'il confirmait "que les comptes du groupe, qui seront arrêtés par le conseil d'administration du 5 mars 2003 et certifié par ses commissaires aux comptes sont parfaitement en ligne avec les estimations fournies le 9 janvier 2003, date d'annonce du plan d'action". Le groupe a annoncé qu'il anticipait pour 2002 une perte nette de 900 millions d'euros en raison de provisions représentant plus de deux milliards d'euros.Ces précisions ont sans doute contribué à la reprise du cours après la suspension de cotation. L'action est en effet remontée brutalement jusqu'à 12,80 euros. Et en milieu de journée, le titre s'affichait même en léger progrès par rapport à la veille. Ce redressement n'aura cependant pas duré. En fin d'après-midi, l'action a de nouveau fortement baissé, terminant à 11,60 euros, en baisse de 11,18%. Le groupe n'avait pourtant pas ménagé ses efforts, ces dernières semaines, pour rassurer les marchés sur son état de santé. Lundi dernier, dans une longue interview accordée à La Tribune, le PDG, Gérard Mestrallet, affirmait ainsi que "la situation financière du groupe est solide, sa trésorerie est abondante et le cash-flow s'est élevé à près de 3 milliards d'euros au premier semestre 2002. Je suis formel, il n'y a pas de crise de liquidités au sein du groupe". Au début de l'année, Suez a annoncé un plan stratégique visant à adapter l'activité du groupe à un contexte de croissance durablement faible. Un plan qui tourne autour de six priorités: privilégier la rentabilité plutôt que la croissance du chiffre d'affaires, préférer le développement organique aux acquisitions, accélérer le recentrage sur l'énergie et l'environnement, réexaminer en permanence le portefeuille d'activités au sein des deux pôles, accentuer les plans d'économies et les synergies entre métiers, renforcer la solidité financière du groupe. Suez avait également précisé devoir faire face à 5,3 milliards d'euros d'échéances de dettes en 2003, face auxquelles sa trésorerie s'élevait à 10 milliards d'euros.

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