La BCE au secours des banques

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L'Europe est-elle menacée par la déflation ? Les signes inquiétants qu'envoie l'Allemagne depuis plusieurs mois, le ralentissement de l'économie dans plusieurs autres pays, dont la France, ont de quoi nourrir les inquiétudes des économistes et des banquiers. Ces derniers ont sous leurs yeux le spectre du système bancaire japonais qui croule sous les créances douteuses et les pertes (plus de 30 milliards d'euros pour le seul exercice 2002-2003). Faute d'avoir su assainir leurs bilans à temps, les principaux établissements de l'archipel voient fondre leurs fonds propres comme neige au soleil et, faute de reprise de l'activité, ils ne cessent de solder les comptes de la bulle spéculative des années 90. De ce point de vue, il semble que les établissements européens soient aujourd'hui dans une situation plus saine. Les excès de la décennie passée ont semble-t-il été corrigés et des règles strictes ont été érigées en matière de gestion des risques. Mais cette rigueur sera-t-elle suffisante si la déflation, qui conjugue baisse des prix et de l'activité, entre en scène ? L'exemple allemand, encore lui, tendrait à prouver que le système bancaire n'est pas à l'abri de mauvaises surprises. On a en effet réalisé outre-Rhin que les géants Deutsche Bank ou Allianz avaient en fait des pieds d'argile. Phénomène amplifié par l'atomisation du marché et les maigres restructurations engagées jusqu'à présent par le secteur. De ce point de vue, les banques françaises ont déjà consenti quelques efforts et sont structurellement plus rentables que leurs homologues allemandes. Il n'empêche qu'elles aussi guettent du côté de Francfort pour savoir si oui ou non la Banque centrale européenne va enfin se décider à baisser les taux d'intérêt. Conscientes que l'ascension de l'euro, facteur positif pour la maîtrise de l'inflation, fait aussi peser des risques de déflation, les autorités monétaires pourraient enfin passer à l'acte. Ce serait un grand soulagement pour les banques, qui s'accommoderont fort bien d'une contraction de leurs marges d'intermédiation au profit d'une reprise de l'activité.

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