La méthode Trichet à l'épreuve

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Sans surprise, la mobilisation a été massive. Menacés de voir fermer une bonne partie des 211 succursales, avec à la clé la suppression de quelques 3000 postes, les salariés de la banque de France ont été très nombreux à faire grève et à descendre dans la rue la semaine dernière. Ce premier test augure mal de la réforme que Jean Claude Trichet, gouverneur depuis 1993, entend mettre en oeuvre pour permettre à l'institution bicentenaire d'améliorer sa rentabilité.Confrontée à l'érosion de ses missions, la Banque de France qui dispose d'un réseau inégalé en Europe doit, selon les experts, réduire la voilure et tailler dans ses effectifs. Le constat est brutal, mais il n'est pas nouveau. Alors que chez nos voisins les autorités anticipaient l'arrivée de l'euro, les gouvernements successifs n'ont eu de cesse chez nous de reporter les décisions douloureuses. Pourtant, depuis le gouvernement d'Edouard Balladur, la Banque de France est bel et bien indépendante. Ce qui n'a pas empêché le gouvernement de Lionel Jospin de mettre le holà lorsque des premières esquisses de réforme ont été avancées. Jean-Claude Trichet n'a pas insisté.Si l'on sait pourquoi il n'a pas engagé plus tôt les réformes, on ne peut en revanche que s'interroger sur la méthode adoptée. Les deux rapports de son secrétaire général ont en effet plus contribué à mettre le feu aux poudres qu'autre chose, mobilisant les salariés mais aussi les élus locaux qui s'inquiètent de voir disparaître des implantations et des emplois. Mais pour Jean-Claude Trichet, est-ce encore la question ? Récemment jugé dans l'affaire du Crédit Lyonnais, il sera fixé sur son sort le 18 juin. Relaxé, la route de la BCE sera de nouveau ouverte pour lui et c'est de Francfort qu'il suivra les affres de ce chantier. Condamné, pourra-t-il conserver son fauteuil de gouverneur ? Dans tous les cas, la modernisation de cette vénérable maison qu'est la Banque de France pourrait bien être un cadeau empoisonné laissé à son successeur.

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