La guerre irakienne touche aussi les banques

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A peine lancée l'offensive sur Bagdad, les Etats-Unis ont demandé aux banques de bloquer les comptes détenus par l'Irak. Le gouvernement de Washington a même décidé de confisquer les avoirs bancaires irakiens gelés aux Etats-Unis depuis 1990, soit 1,7 milliard de dollars. Il n'est pas sûr que cette mesure, à laquelle ont décidé d'obtempérer une quinzaine d'établissements bancaires, handicape outre mesure le régime de Saddam Hussein. Les Etats-Unis n'en sont pas moins persuadés que c'est aussi en frappant au portefeuille qu'ils affaibliront le maître de Bagdad. Dans cette optique, ils entendent aussi mettre la main sur les comptes personnels du dictateur. Selon certaines évaluations, celui-ci serait parvenu à sortir de son pays de 6 à 10 milliards de dollars grâce à la contrebande, de produits pétroliers notamment. Comme toujours lorsqu'il s'agit d'identifier les flux financiers clandestins, les regards se tournent vers les quelques paradis fiscaux réputés pour leur accueil et pour ne pas être trop regardants sur l'origine des fonds. "Nous n'avons aucune indication de fonds placés par Saddam Hussein sur notre territoire", a immédiatement réagi la Suisse. Qui s'en étonnera ? Et dans cette lutte contre l'argent sale des dictateurs, probablement perdue d'avance, les Etats-Unis ne peuvent malheureusement s'en prendre qu'à eux mêmes. Opposés à tout ce qui pourrait d'une façon ou d'une autre entraver les échanges, et accessoirement limiter leur liberté d'action en matière fiscale, les gouvernements successifs à Washington ont toujours lutté contre les initiatives internationales qui auraient pu mettre des bâtons dans les roues aux paradis fiscaux et trafiquants en tous genres. Le réveil brutal de l'hyper puissance américaine après les attentats du 11 septembre 2001 a été bien trop tardif pour pouvoir être efficace aujourd'hui. Les difficultés rencontrées pour démanteler les circuits financiers du terrorisme islamiste en sont la triste illustration...

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