Après des résultats décevants, Richemont allège ses effectifs

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Les grandes mutations se poursuivent chez Richemont. Alors que l'on a assisté à une valse des dirigeants depuis la fin de l'année dernière (l'ancien directeur général Alain-Dominique Perrin partira notamment en octobre), le groupe de luxe va cette fois se séparer de 5% de ses effectifs dans l'horlogerie en Suisse. Ainsi, ce sont 200 emplois qui vont être supprimés chez Cartier dans les prochains mois.Pour Johann Rupert, PDG de Richemont, le groupe se doit en effet de redresser la barre. "Nous nous sommes sans doute endormis sur nos lauriers", a-t-il expliqué à La Tribune (voir ci-contre). Le patron, qui vient de reprendre les rênes de l'entreprise, a d'ailleurs eu des mots très durs pour le management des années passées. Cette époque nous a amenés au "contentement, et lorsque le contentement s'installe le progrès s'arrête", estime-t-il dans un communiqué en ajoutant: "Richemont n'était pas préparé comme il aurait dû l'être pour faire face à ce nouvel environnement, nous avons été trop lents".Si la méthode peut sembler radicale, il faut tout de même reconnaître que le groupe doit faire face à un chantier de taille, comme le montrent les chiffres de l'exercice passé (à fin mars) durant lequel Richemont a chuté bien plus lourdement que prévu. En mars, Richemont avait anticipé une baisse de 40% de son bénéfice opérationnel annuel. C'est finalement une dégringolade de 46% qu'il a dû constater, à 259 millions d'euros. Côté résultat net, l'intégration des résultats du cigarettier BAT permet d'amortir quelque peu la chute. Le bénéfice net a reculé de 22%, à 642 millions d'euros. Bien entendu, le groupe a pâti d'un environnement défavorable - les ventes ont reculé de 5%, à 3,65 milliards d'euros.Mais les chiffres montrent également qu'il n'a pas été capable d'adapter sa structure de coûts à ce climat particulier. D'où la nécessité pour le groupe de mettre en place des mesures afin de "tailler dans les coûts et de réduire la bureaucratie".Pour Richemont, cette reprise en main sera d'autant plus utile que le début de l'exercice en cours ne laisse pas entrevoir de réelle amélioration du marché. "La confiance des consommateurs est très faible et, compte tenu également de la réduction significative des voyages à l'étranger en raison de la guerre et des craintes concernant le SRAS, la plupart de nos maisons ont souffert d'une baisse de la demande comparé aux deux mêmes mois [avril-mai] de l'année précédente", explique le communiqué.Richemont ne se risque d'ailleurs pas à un pronostic pour l'ensemble de l'exercice et il semble qu'il faudra patienter encore un peu pour voir les progrès effectués. "Nous allons nous appliquer à devenir un groupe qui apparaîtra plus fort et plus affiné lorsque la recession aura pris fin", conclut le communiqué.En fin d'après-midi, le titre recule de 2,79%, à 20,90 francs suisses.

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