Lufthansa fait état de prévisions alarmantes

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"Exceptionnellement élevée": c'est par ces mots que Lufthansa a qualifié mardi soir la perte opérationnelle que la compagnie attend pour le premier trimestre 2003. "Les chiffres, en comparaison avec le trimestre précédent, se sont encore nettement dégradés", souligne le groupe, qui s'est refusé à donner des précisions chiffrées. "L'heure n'est pas aux prévisions fiables", a répondu à Reuters un porte-parole du transporteur.Les raisons invoquées n'ont bien entendu rien de surprenant dans un secteur qui chaque jour voit son horizon s'assombrir. "Les mauvaises conditions conjoncturelles persistantes, avant tout en Allemagne, l'impact de la guerre en Irak et les conséquences encore imprévisibles de l'épidémie de pneumonie pèsent durablement sur l'activité", indique un communiqué.Après ce discours, l'action Lufthansa parvient tout de même à gagner 3,28%, mercredi après-midi. Une hausse qui peut paraître paradoxale mais s'avère finalement compréhensible. D'abord, l'action est portée par le regain général de confiance sur les marchés. De plus, l'annonce étant intervenue peu avant la clôture de Francfort, le titre a déjà décroché de plus de 6% mardi soir. Enfin, le marché a eu le temps, depuis plusieurs semaines, de se préparer au pire entre les faillites survenues outre-Atlantique (notamment Air Canada) et la multiplication en Europe des mesures d'économies (Alitalia mardi ou encore KLM un peu plus tôt).En ce qui la concerne plus particulièrement, la compagnie allemande n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai. Alors qu'elle était parvenue à ramener son résultat dans le vert en 2002, elle a connu un début d'année extrêmement difficile et a elle-aussi multiplié les annonces. La dernière a eu lieu à la fin du mois de mars, date à laquelle elle a décidé de réduire une nouvelle fois ses capacités de vols, portant à 58 le nombre d'appareils immobilisés depuis début janvier.Suivant l'adage "aux mêmes maux, les mêmes remèdes", le transporteur a une fois de plus averti qu'il allait accroître les mesures d'économies. D'autant qu'il a fait part mercredi d'une chute de 5,4 points, à 70,9%, de son taux d'occupation en mars.Après avoir porté essentiellement sur une réduction de l'offre, les mesures concerneront cette fois un allègement de la charge salariale. Pour cela, le temps de travail hebdomadaire du personnel au sol va être ramené de 37,5 à 36 heures. Des négociations sont aussi en cours avec les pilotes. La compagnie précise qu'elle souhaite "réduire les coûts sans devoir procéder à des licenciements économiques dans un premier temps". Mais face à l'incertitude qui plane, elle "n'exclut pas des mesures supplémentaires si la situation difficile perdure".Ces craintes ne sont bien évidemment pas pour rassurer le marché sur l'état général du secteur et ne présage rien de bon pour les prochaines publications de compagnies aériennes. Très affectée, l'action Air France a reculé par exemple de 3,38% à Paris, alors que la compagnie devait procéder après la clôture à l'annonce des chiffres de son trafic en mars (lire ci-contre).

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