Le secteur aérien dans l'anxiété

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Sinistré par les conséquences des attentats du 11 septembre 2001, le secteur aérien voit arriver le conflit avec l'Irak avec effroi. Un an et demi après l'attaque terroriste contre le World Trade Center, les compagnies aériennes commençaient tout juste à redresser la tête et à envisager d'augmenter leurs capacités. Mais aujourd'hui, toutes se regardent, tentant de deviner qui, parmi elles, ne survivra pas à cette nouvelle crise...Et pour Standard & Poor's (S&P), la santé financière de certains groupes est plus menacée que d'autres. L'agence de notation a annoncé qu'elle pourrait déclasser 14 sociétés aéronautiques dont Boeing et EADS (actionnaire à 80% d'Airbus), ainsi que 11 compagnies aériennes parmi lesquelles British Airways, Lufthansa et les américaines Delta Airlines, Northwest Arlines et Southwest Airlines. On peut remarquer que les compagnies "low cost" ne sont pas concernées par ce risque de dégradation. A la Bourse de Paris, EADS et Air France reculent en clôture, respectivement de 0,83% et 1,67%. La tendance est inversée à Londres pour British Airways dont le titre s'ocroie en fin de séance une hausse de 1,06%. Lundi déjà, Moody's avait placé sous surveillance négative les cinq principales compagnies aériennes américaines. Il faut dire que depuis le 11 septembre, le transport aérien des Etats-Unis a été en première ligne dans ces difficultés. Deux compagnies, US Airways et United Airlines, ont été contraintes de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites, Boeing a dû supprimer des dizaines de milliers d'emplois... En Europe, les réductions d'effectifs se sont multipliées chez British Airways ou KLM par exemple et en France, Air Lib a disparu, tout comme Swissair en Suisse. Le conflit qui s'annonce va affecter le transport aérien à plusieurs niveaux. Tout d'abord, une baisse du trafic devrait être enregistrée. Difficile à évaluer, son impact dépendra également de la durée de la guerre. Selon l'Association internationale du Transport (IATA), les prévisions vont de -5 à -20%. Les compagnies aériennent estiment qu'un confit qui durerait plus de 90 jours coûterait 70.000 emplois et multiplierait les faillites. Hier, la compagnie australienne Qantas annonçait la suppression de 1.000 emplois supplémentaires, portant à 2.500 ses réductions d'effectifs d'ici au mois de mai. De plus, les compagnies vont souffrir de coûts d'exploitation supplémentaires: d'une part ceux liés au prix du kérozène, largement dépendant des cours du pétrole, et d'autre part ceux liés à la nécessité de renforcer la sécurité en raison des menaces terroristes qui pourraient s'exacerber avec le début de la guerre. Certaines compagnies comme Air France, KLM, Continental Airlines ont déjà pris les devants en annonçant des hausses de leurs tarifs. Enfin, la guerre annoncée oblige les compagnies à modifier les plans de vols de leurs appareils pour éviter la zone de conflit.Cette guerre, en hypothéquant le redressement des compagnies aérienne, va évidemment peser sur les perspectives des deux grands constructeurs aéronautiques mondiaux: Boeing et Airbus. Si cette année, ce dernier envisage toujours de livrer 300 appareils civils, soit 20 de plus que son rival américain, il paraît évident que la disparition d'un nombre indéterminé de compagnies dans un futur proche affecterait les deux groupes et les obligerait à revoir leurs objectifs.

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