Swiss annonce des mesures d'économies "draconiennes"

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La survie de Swiss reste en suspens. Mardi matin, la compagnie helvétique a annoncé des pertes nettes de 200 millions de francs suisses (133 millions d'euros) pour le premier trimestre 2003. Le chiffre est pratiquement équivalent aux pertes de Swissair l'an passé , mais en termes de résultat opérationnel, la situation s'est dégradée de 7% à 199 millions de francs suisses. Le chiffre d'affaires, lui, se situe à 1,044 milliard de francs suisses, plutôt en deçà des attentes des analystes. Pour expliquer ces résultats décevants, la compagnie avance les difficultés conjoncturelles du secteur et la concurrence des low-costs. En revanche, la hausse du prix du baril de pétrole a eu un impact plus limité, selon Swiss, grâce "aux achats effectués préalablement". Pourtant, comme le note la Zuercher Kantonalbank, le groupe présente des résultats nettement "plus faibles" que ceux de ses concurrents européens. Et surtout, fait inquiétant, les liquidités du groupe fondent comme neige au soleil. Au 31 mars, elles sont passées à 913 millions de francs suisses, soit un recul de 343 millions de francs en trois mois. Au point que le problème de la trésorerie semble se poser avec acuité à la compagnie, malgré les récentes dénégations du président.Il faudra donc que Swiss fasse encore mieux, notamment en matière de réduction des coûts. Certes, la compagnie annonce que son programme "Target Turnaround" a permis de réaliser des économies sur des postes de dépenses comme le personnel, l'informatique, la publicité ou la restauration à bord, à hauteur de 50 millions de francs suisses. Mais Swiss prévient : la réalisation de l'objectif de 600 millions de francs d'économies sur l'année nécessitera "inévitablement de prendre encore d'autres mesures draconiennes d'économies". Une optique à haut risque pour une direction qui entretient avec ses pilotes des relations déjà plus qu'orageuses.Quant à la question centrale, celle de la surcapacité, rien de nouveau n'a été dit par la compagnie mardi. Dimanche, André Dose, le président du groupe, a indiqué qu'il proposera au conseil d'administration une baisse de 41% de la flotte. Il est vrai qu'avec un taux d'occupation de 67,9% au premier trimestre, le problème est brûlant. D'autant que c'est la taille démesurée de la flotte du groupe qui l'empêche d'entrer dans une des grandes alliances mondiales comme SkyTeam ou OneWorld. C'est donc bien sur le terrain de la réduction de la flotte que se jouera la survie du groupe. Pour un analyste de la City interrogé par Bloomberg, l'erreur est originelle. "Swiss était simplement trop grande lorsqu'elle est née", explique-t-il.L'avenir de la compagnie helvétique promet donc encore d'épiques passes d'armes à Berne et dans toute la Suisse entre les tenants d'une compagnie internationale et ceux qui estiment que Swiss doit devenir une compagnie régionale complémentaire des grandes compagnies européennes. Un débat qui ne va pas, évidemment, sans enjeux politiques. Dans l'immédiat, le titre rebute les investisseurs classiques. "Le risque est trop grand à présent pour un investisseur", résume ainsi Christoph Bohli, analyste à la banque Sarasin, cité par Bloomberg. Et les chiffres parlent d'eux-même. Le titre a reculé de 66% cette année. Il a gagné 23% lundi et a reculé mardi de 6,43% à 6,55 francs suisses, le tout dans de très faibles volumes.

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