"Le marché pourrait très bien amortir une nouvelle poussée de l'euro face au dollar"

latribune.fr- La baisse du dollar par rapport à l'euro est-elle inquiétante pour les marchés?Jaona Ravaloson- Traditionnellement, les marchés européens, et plus particulièrement français, se sont montrés extrêmement sensibles à la baisse du dollar. Mais, bien qu'aujourd'hui le repli soit fort par rapport à l'euro (-8% en trois mois et -20% en un an), il n'y a curieusement pas de traumatisme. Les cycles économique et de marché semblent avoir occulté la baisse du dollar. Après s'être longtemps focalisés sur l'Irak, les investisseurs paraissent soulagés et la réduction de la prime de risque l'emporte sur les fluctuations monétaires.Les résultats des groupes européens pâtissent tout de même de la baisse du billet vert...Oui, mais ce phénomène a été en grande partie compensé par d'autres facteurs. Les résultats récents des banques en sont révélateurs. Que ce soit chez BNP Paribas, Crédit Suisse ou ABN-Amro, l'effet dollar a pu être partiellement absorbé par des résultats de très bonne facture. Je pense par exemple au redressement des résultats opérationnels dans des zones géographiques très sensibles au dollar. Face à des chiffres satisfaisants, la baisse du dollar a donc été reléguée au second plan. Aujourd'hui, le dollar n'a pas empêché les résultats d'afficher une certaine résistance. Total l'a montré avec un bénéfice trimestriel en hausse de 49%.Y-a-t-il cependant une limite à ne pas franchir?Il y a quelques mois, personne n'imaginait que l'euro allait atteindre 1,15 dollar. Pourtant, aujourd'hui, la dégringolade du dollar a pu être assimilée. C'est l'évolution globale des résultats qui importe. Par conséquent, si les autres facteurs (géopolitiques, économiques...) confirment l'orientation actuelle positive, le marché pourrait très bien amortir une nouvelle poussée de l'euro face au dollar.A l'inverse, un rebond du dollar peut-il faire l'effet d'un électrochoc?Il est très difficile d'isoler le seul effet imputable aux taux de change. L'évolution des marchés demeurant la résultante d'une combinaison de facteurs, je ne pense pas que seul un rebond du dollar puisse produire un électrochoc. Néanmoins, il pourrait être un relais de croissance lorsque le phénomène de soulagement géopolitique tendra à s'essouffler. Qui plus est, une hausse du dollar traduirait un regain de solidité de l'économie américaine. Ce qui bien évidemment jouerait également en faveur des places européennes.Sur le plan sectoriel, certains sont-ils aujourd'hui plus touchés que d'autres?Il y a traditionnellement des valeurs sensibles au dollar. C'est par exemple le cas du luxe. Mais là encore, il est difficile de n'attribuer ses difficultés qu'au seul effet dollar. Il est également affecté par le SRAS en Asie. A l'opposé, peu de groupes peuvent tirer profit de la baisse du dollar. Certains exemples dans le textile, la chimie ou le transport aérien restent marginaux. Et dans l'ensemble, il convient plutôt de parler d'absence d'impact négatif que de réels avantages, surtout si le prix du pétrole est bas.

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