Fiat annonce une réduction significative de ses pertes en fin d'année

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Le groupe automobile et industriel italien Fiat a annoncé vendredi une réduction significative de ses pertes sur les quatre derniers mois de 2002, et a réaffirmé la validité de son plan de restructuration actuellement en place. Dans le même temps, le groupe turinois a déclaré n'avoir reçu aucune proposition alternative de l'entrepreneur Roberto Colaninno, l'ancien patron de Telecom Italia et d'Olivetti. Mais ce dernier a confirmé les rumeurs récurrentes ces derniers jours selon lesquelles il reprendrait la gestion du groupe Fiat. Roberto Colaninno a ainsi confirmé les informations parues dans le journal italien Il Sole 24 ore et le Financial Times, selon lesquelles il aurait été sollicité pour participer à une recapitalisation et à un nouveau plan de redressement de Fiat. L'ancien patron d'Olivetti prendrait le contrôle du groupe et vendrait la plupart des activités non automobiles. "D'après le plan de Mr Colaninno, cela permettrait d'investir 4 milliards d'euros dans la restructuration de Fiat Auto", écrit le quotidien britannique. Selon l'agence Reuters, Colaninno irait même jusqu'à injecter 8 milliards d'euros dans Fiat.Pour l'heure, le groupe turinois s'est borné à rappeler, dans un communiqué sybillin, que "l'unique plan industriel et financier valable est celui approuvé par le conseil d'administration de la société, avec l'aval de l'actionnaire de référence (la famille Agnelli, ndlr) et des banques créancières, et, pour ce qui concerne la restructuration du secteur auto, conclu avec le gouvernement". Une réduction des pertes d'exploitation au 4ème trimestreFiat qui traverse une crise très grave dans le domaine automobile, souligne en outre que le programme de restructuration commence à porter ses fruits pour la filiale automobile Fiat Auto. "Les résultats positifs découlant du plan commencent déjà à se faire sentir avec une réduction significative des pertes d'exploitation sur les quatre derniers mois", souligne le communiqué. La division automobile de Fiat a accusé pour le seul troisième trimestre 2002 une perte d'exploitation de 340 millions d'euros, soit un trou supérieur de près de 100 millions aux attentes des marchés. Cette perte venait s'ajouter à celle de 394 millions d'euros enregistrée au deuxième trimestre. En outre, le groupe indique que son programme de cessions d'actifs et l'amélioration de sa trésorerie au quatrième trimestre 2002, lui permettront d'atteindre un endettement net "sensiblement meilleur" que prévu, c'est à dire inférieur à l'objectif fixé avec les banques créancières et qui prévoit de faire passer l'endettement net de Fiat de 5,8 milliards d'euros au 30 septembre 2002 à 3 milliards d'euros au mois de mars 2003. Afin de tenir ses engagements, Fiat a déjà procédé à un certain nombre de cessions d'actifs. Peu avant Noël, le groupe automobile turinois a ainsi annoncé deux désengagements majeurs. Il a tout d'abord cédé pour 1,16 milliard de dollars sa participation de 5,1 % dans General Motors (GM) à une "importante banque d'affaires", de toute évidence Merrill Lynch. Cet actif faisait partie de l'accord stratégique scellé en 2000 avec GM, qui avait, par ailleurs, conduit le constructeur américain à détenir 20 % de Fiat Auto, la branche automobile dont Fiat possède 80 %. Puis, Fiat a également vendu, pour 400 millions d'euros, 51 % de Fidis Europe (sa branche leasing) aux quatre principales banques créancières du groupe (Intesa-BCI, UniCredito, San Paolo-IMI et Capitalia). Cette opération sera finalisée au cours du trimestre qui vient de débuter.L'année 2002 aura été orageuse pour Fiat. La filiale automobile du groupe italien, "l'homme malade de l'industrie automobile en Europe" selon le Financial Times, a enregistré chaque mois une baisse de ses ventes. En Europe, sa part de marché sur les 10 premiers mois de l'année 2002 est tombée à 8,2% contre 9,6% sur la même période de 2001. En Italie, le constructeur transalpin se fait également tailler des croupières. Sa part de marché n'est désormais plus que de 28%. Fiat Auto paie notamment les mauvaises performances commerciales de la Stilo, particulièrement concurrencée par la 307 de Peugeot. Ces difficultés se sont traduites sur le cours de l'action du groupe. Peu avant la fin de l'année, le 27 décembre, le titre tombait à son plus bas niveau depuis... février 1985. La dégradation d'une partie de sa dette pour 15 milliards d'euros au rang de "junk bonds" (obligations spéculatives) par Moody's avait en effet provoqué un recul du titre de 5,31% à 7,67 euros. Les récentes rumeurs sur l'implication de Roberto Colaninno dans une éventuelle reprise du groupe ont permis au titre de connaître un certain rebond. Jeudi, l'action a gagné 10%. Vendredi, elle progressait encore de 2,08% en clôture à 8,68 euros.

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