Corus renonce à vendre sa filiale aluminium à Pechiney

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Le groupe de sidérurgie anglo-néerlandais Corus a annoncé jeudi qu'il renonçait à vendre ses activités aluminium au français Pechiney. Corus s'incline devant la décision de la justice néerlandaise, qui confirmé le veto du conseil de surveillance de Corus, hostile à cette cession. Corus a fait savoir qu'il considérait la décision du tribunal comme définitive. Le groupe renonce donc à faire appel, car "aucune procédure d'appel ne permettrait à la vente d'être conclue dans les temps", déclare-t-il dans un communiqué. L'industriel anglo-néerlandaispaiera à Pechiney des frais de rupture de contrat d'une valeur de 20 millions d'euros et Pechiney conservera un droit exclusif de négocier jusqu'au 23 octobre prochain. L'accord de principe concernant la vente de la filiale aluminium de Corus avait été signé le 23 octobre dernier. Selon ses termes, Pechiney devait reprendre des sites employant 4.600 salariés, pour un prix de 750 millions d'euros. A ce montant s'ajoutaient des engagements de pensions qui, selon les normes comptables, avaient été estimés entre 48 et 70 millions d'euros par le Français.Mais la vente, approuvée par le conseil d'administration de Corus, a été rejetée par son conseil de surveillance. Pour le moins inhabituel, ce litige a été porté devant la justice, qui vient de trancher cet imbroglio juridique (lire ci-contre). Selon le tribunal, en effet, la décision du conseil de surveillance néerlandais de bloquer la vente des activités aluminium était légale et suffisamment argumentée. L'opération était jugée vitale pour Corus, car l'argent récolté lui aurait permis d'alléger son endettement et de renouveler en partie une ligne de crédit de 1,2 milliard d'euros arrivant à terme dans dix mois. Pour Pechiney, la transaction, conclue à un bon prix, aurait été une bonne affaire et aurait renforcé la position du groupe français dans le domaine des produits techniques et des produits laminés.Les deux contractants avaient prévu de conclure la cession au premier semestre de cette année, une fois la concertation avec les représentants du personnel achevée. Mais depuis l'automne dernier, le projet s'était heurté à l'opposition du comité d'entreprise néerlandais de Corus. Celui-ci reprochait en particulier à la direction de ne pas avoir, comme le souhaitaient les salariés, apporté la garantie que des investissements seraient réalisés dans la branche néerlandaise du groupe.Dans un communiqué, le groupe français Pechiney "regrette" la décision du tribunal d'Amsterdam et se déclare "ouvert sur le principe à une éventuelle acquisition si Corus souhaitait entamer des nouvelles discussions". A la clôture, l'action Pechiney gagnait 4,36% à 22 euros. En revanche, le titre Corus s'effondrait, perdant plus de 34% à Londres en fin d'après-midi.

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