Schneider évoque une possible érosion de sa marge en 2003

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Après avoir réagi favorablement à la publication du chiffre d'affaires trimestriel de Schneider, certes en recul de 7,5% mais conforme aux attentes, les marchés ont soudain viré de bord et fait basculer l'action dans le rouge. Cause de ce changement de cap : les déclarations du directeur financier sur une éventuelle érosion de la marge du groupe en 2003. Celle-ci est ressortie à 11,5% en 2002.Si le niveau de l'euro ne change pas par rapport au dollar, "cela aura un impact de 1,5% sur la marge d'exploitation. Mais il est extrêmement difficile de dire ce que sera son évolution dans les mois qui viennent", a indiqué Antoine Giscard d'Estaing, directeur financier, lors d'une conférence téléphonique. Début mars, le groupe avait indiqué qu'il visait une marge de 14% en 2004 mais n'avait pas donné d'indication pour cette année.Suite à ces pespectives mitigées, l'action chutait de 4,33% à 41,96 euros à la clôture, après avoir affiché l'un des plus forts gains du SRD mercredi matin. Car l'activité trimestrielle, conformes aux attentes, avait satisfait le marché en début de journée. Certes, les données publiées dans la matinée montrent que le chiffre d'affaires du premier trimestre recule de 7,5% par rapport à la même période 2002, à 2,08 milliards d'euros (-0,9% à données constantes). Toutefois le montant est proche des 2,09 milliards attendus par le consensus Reuters. "Le chiffre est en ligne et sans surprise particulière", notait Fabrice Théveneau de SG Securities, interrogé par l'agence de presse britannique. Aurel Leven le qualifiait pour sa part de "bonne surprise au niveau de la croissance interne, celle-ci s'affichant au dessus de nos attentes, à -0,9% contre -2,1% attendue". Commentant l'activité du premier trimestre, la direction du groupe a souligné dans un communiqué que "Schneider Electric continue de faire face à des marchés difficiles, qui ne montrent pas de signes d'amélioration à ce stade. Le bon équilibre géographique des activités permet de compenser l'atonie dans les pays développés par une croissance soutenue dans les pays émergents". Exemple de cette atonie, la baisse importante de l'activité du spécialiste français du matériel électrique et de l'automation en Amérique du Nord. De janvier à mars, les ventes sont ressorties à 533 millions d'euros, soit -20% à données courantes et -4,5% à données constantes, comparé à la même période de l'année précédente. Selon Schneider, "en Amérique du Nord (...) l'activité continue d'être affectée par une conjoncture difficile dans la bâtiment commercial et industriel". Au surplus, la poursuite de la hausse de l'euro qui s'est apprécié de plus de 20% face au dollar, a pénalisé le groupe. En Europe, où Schneider réalise la moitié de son activité, le chiffre d'affaires s'est replié de 3% sur la même période en 2002 (-2,8% à données constantes), à 1,127 milliard d'euros. Le groupe explique ce recul - qui touche aussi la France - par un contexte "caractérisé par un marché de la construction neuve dégradé tandis que les investissements industriels demeurent faibles".Seule exception : l'Espagne, où la croissance des ventes a été "significative" grâce au "niveau élevé des investissements en bâtiments, infrastructures et énergie", et l'Europe de l'est où "l'évolution positive se poursuit également", souligne le communiqué.Mais Schneider dispose encore de relais de croissance dans le reste du monde, où son chiffre d'affaires s'inscrit en hausse de 1,3% à 419 millions d'euros (+10% à données constantes). Ainsi "la croissance est particulièrement significative en Chine, favorisée par le fort développement du marché industrie, et dans l'ensemble de l'Asie", note le communiqué. Commentant l'activité du groupe, Henri Lachmann, PDG du groupe, s'est borné à déclarer que "Schneider continue de faire face à des marchés difficiles, qui ne montrent pas de signe d'amélioration à ce stade".

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