"Il faudra des mois à Suez et Vivendi Environnement pour retrouver la confiance des marchés"

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latribune.fr : Comment expliquez-vous les soubresauts boursiers qui ont secoué les valeurs Suez et Vivendi Environnement ces derniers jours ? Jean-Marie Caucheteux : Ces soubresauts durent en fait depuis six mois, et il est assez difficile de les expliquer. Tout d'abord, joue le fait que Suez a toujours été très bien représenté dans les portefeuilles des compagnies d'assurance, en raison des caractéristiques défensives et de croissance de la valeur. Lorsque les compagnies ont entamé un processus de désengagement et ont commencé à nettoyer leur portefeuille, Suez en a plus pâti que les autres. La valeur s'est retrouvée en première ligne, non seulement parce qu'elle était plus représentée mais aussi parce que ses qualités défensives et de croissance ont été mises à mal. Je pense notamment au niveau de sa dette et à son exposition à l'Amérique latine. Le phénomène a également joué pour Vivendi Environnement, mais dans une moindre mesure, car la valeur était moins présente dans les portefeuilles.L'endettement de ces sociétés a-t-il aussi préoccupé les investisseurs ? Oui, les inquiétudes sur la dette et sur les échéances ont nourri les inquiétudes et le marché s'est retrouvé très partagé. Dès lors, la moindre nouvelle a ballotté le titre : -7% un jour, +6% le lendemain. Voilà la tendance des six derniers mois. Les investisseurs ont toujours la fiabilité des comptes sous leur lorgnette. Leurs craintes ne concernent pas tant le passif - rarement exagéré - mais les revenus qui pourraient couvrir la dette. Vivendi Environnement a également subi cette tendance mais, là encore, de manière épisodique parce que les incertitudes furent plus facilement circonscrites et plutôt liées, mais à tort dans une large mesure, aux liens de parenté avec Vivendi Universal. Suez et Vivendi sont-elles parvenues à regagner la confiance des marchés ? En partie. La dette financière de Suez est plus faible qu'attendue - 26 milliards d'euros au lieu de 27 - et c'est un message clair sur l'échéance de la dette. Le marché a un peu plus de visibilité en termes de perspectives bénéficiaires, surtout celles de Vivendi Environnement. Les critères de conduite de gestion que Suez et Vivendi Environnement ont adoptés - marier rentabilité et croissance - plaisent aux marchés. Mais, si ces entreprises avaient un fort potentiel, leur structure n'a pas permis d'y répondre. C'est un peu comme si vous aviez un excellent repas devant vous, avec 10 plats différents : vous ne pourrez pas tout déguster ! En fait, il faut que ces entreprises continuent à affiner leur modèle de gestion, en privilégiant la rentabilité, et que leur nouvelle stratégie débouche sur des résultats concrets. Cela prendra des mois.

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