Pause dans la dégradation du déficit budgétaire français

Si Bercy est aux petits soins pour le consommateur, c'est bien parce que ce dernier par ses achats est non seulement un soutien indéfectible à la croissance mais aussi l'un des acteurs du redressement espéré des finances de l'Etat. La preuve en a été administrée lundi matin à l'occasion de la publication des chiffres relatifs à la situation budgétaire mensuelle. Le déficit général du budget de l'Etat français était fin avril de 39,6 milliards d'euro, contre 39,73 milliards à la même période de l'an dernier. Comme le souligne le ministère des Finances, c'est la première fois depuis le début de l'année que le déficit 2004 est inférieur au déficit sur la même période de 2003.Cette stabilisation du déficit d'un an sur l'autre est le résultat d'une forte hausse des dépenses, notamment militaires, compensée par une plus forte hausse encore des recettes, grâce en particulier à la TVA. Au cours des quatre premiers mois de l'année 2004, les dépenses du budget général se sont élevées à 105,84 milliards d'euros, en hausse de 6,4%, alors que les recettes se sont établies à 77,95 milliards d'euros, en progression de 9,5%. A la différence entre dépenses et recettes s'ajoute enfin le solde des comptes spéciaux du Trésor, qui a eu un impact négatif de 11,7 milliards d'euros.Dans son communiqué, Bercy considère que le rythme de la dépense "reste élevé en moyenne, et justifie que soit maintenue au même niveau la réserve de précaution (de 4 milliards d'euros) mise en place le 20 avril". L'augmentation des dépenses en avril s'explique en particulier par une "progression importante des dépenses militaires", qui ont atteint 12,1 milliards d'euros fin avril 2004 contre 11 milliards d'euros fin avril 2003. Quant à l'accélération du rythme des recettes, elle résulte principalement du dynamisme des rentrées liées à la TVA, qui atteignent 40,8 milliards d'euros fin avril, soit +11,7% par rapport à la même date de l'an dernier. Une partie de cette hausse traduit un changement de périmètre avec la réintégration dans le budget général de la part de la TVA qui était perçue précédemment au profit du budget annexe des prestations sociales agricoles (BAPSA). Toutefois, à périmètre comparable, les recettes de TVA ont quand même progressé de 8,3% à la fin avril par rapport à fin avril 2003.Les services de Nicolas Sarkozy notent que "le taux de progression des recettes de TVA depuis le début de l'année est ainsi supérieur de 3 points environ à l'augmentation moyenne attendue pour l'ensemble de l'année. Un tel écart résulte directement de la croissance au 1er trimestre 2004 (+ 0,8 %) plus forte que prévue, croissance alimentée par une bonne tenue de la consommation des ménages". Et c'est bien pour que les consommateurs, malgré un taux de chômage stable à 9,8% et la perspective de devoir payer plus pour la santé, ne désertent pas les rayons des magasins que le ministre de l'Economie a présenté un certain nombre de mesures destinées à soutenir la consommation et fait également pression sur les professionnels de la distribution afin d'obtenir des baisses de prix.

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