Perspectives molles pour l'industrie française

C'est un tableau plutôt mitigé des perspectives dans l'industrie que dresse l'enquête mensuelle de l'Insee sur le moral des industriels français pour le mois de février. Certes, l'indicateur global a légèrement progressé, pour s'établir à 103 points contre 102 en janvier, poursuivant ainsi un mouvement de hausse ininterrompu depuis juin dernier. Mais l'enquête ne manque également pas de données plutôt inquiétantes, au premier rang desquelles une forte baisse des carnets de commande.L'activité économique se reprend donc petit à petit, mais les perspectives restent bien molles: c'est en quelque sorte le sentiment qui prévaut chez les industriels. Comme le souligne l'Insee dans ses commentaires, leurs réponses suggèrent "un moindre dynamisme de la conjoncture industrielle"... Au chapitre positif, les industriels font état d'une forte hausse de leur production passée, pour laquelle le solde des réponses bondit de 2 en janvier à 10 en février, soit son plus haut niveau, et de loin, depuis un an. Ce qui pourrait laisser espérer une bonne tenue de l'activité industrielle pour le premier trimestre de l'année.A l'inverse, le signe le plus inquiétant donné par cette enquête tient aux carnets de commande. Qu'il s'agisse des carnets de commande étrangers ou globaux, ils s'inscrivent en forte baisse, à respectivement -16 et -22. Une chute préoccupante qui témoigne sans doute de l'impact de l'euro fort sur la compétitivité des entreprises françaises à l'exportation. Un handicap qui entraîne logiquement un recul des perspectives générales de production, qui baissent de 13 en janvier à 11 ce mois-ci.Au final, cette étude montre donc que si l'activité industrielle devrait bien se tenir à très court terme, rien ne permet pour le moment d'espérer une accélération sensible dans les mois à venir. En outre, comme le fait remarquer Laure Maillard, économiste zone euro chez CDC Ixis, il apparaît que les composantes de l'indicateur du moral des industriels français en février reflètent celles de son équivalent allemand en janvier. "Cela laisse penser que la confiance des industriels en France suit celle de l'Allemagne avec un décalage et pourrait donc diminuer le mois prochain". En effet, l'indice Ifo allemand vient de faire apparaître un recul de 1,1 point en février (lire ci-contre). Un repli lié, là aussi à la baisse des attentes des industriels, résultant en grande partie du problème de la hausse de l'euro.On comprend, dans ces conditions, pourquoi les autorités politiques allemandes et françaises multiplient les appels auprès de la Banque Centrale Européenne en faveur d'une baisse de ses taux. Hier, c'est le chancelier Gerhard Schröder qui plaidait fortement pour que la BCE "se préoccupe de la manière la plus intensive" du problème de la parité euro/dollar. Et ce matin, c'est le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin qui a ajouté sa voix au débat en affirmant qu'il "partage l'avis" du chancelier en la matière...Des propos d'ailleurs pris au sérieux par les marchés: après le recul sensible enregistré par l'euro mercredi, tombé en 24 heures de près de 1,27 dollar à moins de 1,25 dollar, le mouvement se poursuit aujourd'hui. En fin de journée, l'euro s'inscrit ainsi à 1,2448 dollar.

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