Jacques Chirac face au résultat des élections

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Quelles leçons le président de la République va-t-il tirer du résultat des élections de dimanche? La question est sur toutes les lèvres ce lundi, au lendemain de la défaite historique subie par la droite tant aux élections régionales qu'aux cantonales. Si personne ne semble douter qu'un profond remaniement ministériel est à l'étude, l'incertitude demeure quant à la reconduction ou non de Jean-Pierre Raffarin à son poste de Premier ministre.Une chose est sûre: Jacques Chirac travaille activement à l'après-élections. Le président de la République a ainsi reçu Jean-Pierre Raffarin lundi matin, alors que les deux hommes s'étaient déjà vus dimanche soir. Selon le service de presse de l'Elysée, des décisions seront prises "dans les tout prochains jours". Pour les Français, en tout cas, la question est tranchée : Jean-Pierre Raffarin doit partir. C'est en tout cas ce qui ressort d'un sondage publié ce matin. Ils sont en effet 54% des électeurs à désirer la nomination d'un nouveau Premier ministre, affirme cette étude d'opinion CSA/France 3/Radio France/Le Nouvel Observateur. Réalisé par téléphone dimanche soir, après la publication du résultat des élections, le sondage affirme que 19% seulement des Français souhaitent le maintien à son poste de Jean-Pierre Raffarin avec le même gouvernement, tandis que 13% voudraient qu'il reste Premier ministre, mais avec "un remaniement en profondeur du gouvernement".Enseignement complémentaire fourni par ce sondage : Nicolas Sarkozy arrive largement en tête des personnalités citées pour devenir Premier ministre, recueillant 29% des voeux des sondés, et 51% parmi les électeurs de droite. Les Français semblent ainsi appeler Jacques Chirac à tirer toutes les conclusions des résultats électoraux d'hier. Des résultats, il est vrai, sans appel. Au lendemain de ce deuxième tour des élections régionales, la gauche détient 20 des 22 régions métropolitaines. Seule l'Alsace a résisté à la vague rose, tandis que des négociations entre partis trancheront le sort de la Corse. Et les cantonales qui se tenaient simultanément n'ont pas de quoi rasséréner le gouvernement : la gauche y gagne en effet une dizaine de départements.En termes de voix, le score est également impressionnant: la droite n'obtient que 36,98% des suffrages aux régionales, alors que la gauche franchit la barre de la majorité absolue, avec 50,47% des voix. Le Front National, pour sa part, obtient 12,54% des suffrages.La droite a donc perdu douze régions, dont certaines aussi symboliques que les Pays de Loire de François Fillon, l'Auvergne de Valéry Giscard d'Estaing et le Poitou-Charentes de Jean-Pierre Raffarin. Et elle ne réussit pas, comme elle l'espérait, à emporter l'Ile de France, en dépit des efforts conjoints de Jean-François Copé et André Santini.Depuis hier soir, les commentaires tournent autour de l'impact qu'aura le scrutin sur le rythme et l'ampleur des réformes menées par le gouvernement. A cet égard, les électeurs semblent très partagés. Selon le même sondage, 45% des Français (mais 73% des électeurs de droite) veulent que "le gouvernement poursuive les réformes annoncées", tandis que 42% (dont 17% d'électeurs de droite) souhaitent qu'il y renonce.Lundi matin, en tout cas, François Fillon, ministre des Affaires sociales, a tenté d'allumer un contre-feu, en affirmant que ces élections n'étaient pas "un référendum contre le Premier ministre qui n'a pas démérité, ni une élection législative". "Il n'y a pas de changement de majorité", a-t-il ajouté dans une interview accordée au Parisien/Aujourd'hui en France.Même son de cloche chez François Baroin, porte-parole de l'UMP, qui plaide pour que les objectifs de majorité demeurent "inchangés". "Nous ne pouvons faire autrement", a-t-il affirmé, en citant les réformes à venir de "l'assurance maladie, l'Education nationale et la politique de l'emploi". Côté socialiste, c'est un sentiment rigoureusement inverse qu'a exprimé le premier secrétaire du PS François Hollande. Interrogé sur RTL, celui-ci a affirmé que le président Jacques Chirac a été "directement mis en cause par le scrutin". "C'est lui qui a fait les choix, c'est lui qui a choisi Jean-Pierre Raffarin, c'est lui qui a choisi la politique qui est menée depuis deux ans, c'est donc lui qui est sanctionné à travers le vote des Français", a-t-il ajouté. François Hollande a ainsi appelé à un "changement profond" de politique, citant "concrètement" trois dossiers : le projet de réforme de l'assurance-maladie pour lequel il a demandé que le gouvernement "renonce à la procédure des ordonnances", "la remise en cause du droit du travail", et les services publics. Il a assuré que "le PS et la gauche iront vers des réformes consenties, négociées mais avec le socle des garanties collectives". "C'est la différence entre la gauche et la droite", a-t-il dit.

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