La consommation des ménages repart en avril

Objet de toutes les attentions de Bercy, le consommateur français ne se montre actuellement pas avare de ses deniers. Alors que le ministre de l'Economie, inquiet de voir les ménages éventuellement moins dépenser, a échafaudé un certain nombre de mesures destinées à soutenir la consommation, les chiffres publiés par l'Insee ce matin montrent qu'actuellement il n'y a pas péril en la demeure. En avril, les dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés ont progressé de 1,5% en avril, marquant ainsi un rebond après la baisse de 1,3% accusée en mars. Sur un an, la consommation des ménages en produits manufacturés augmente de 3,8%. La performance du mois d'avril a été réalisée en dépit d'une rechute du secteur automobile. Les achats de voitures des ménages ont reculé de 3,1% en avril. Si l'on se cantonne au seul "champ commerce", c'est-à-dire hors automobiles, pièces détachées et produits médicaux, la consommation des ménages a "fortement" progressé de 2,9%.Cette vigueur de la consommation, principal moteur de la croissance française au premier trimestre, est vraisemblablement alimentée par l'amélioration des conditions économiques globales. Pour sa part, Laure Maillard, économiste chez CDC Ixis, note que "la consommation des ménages en France est nettement plus dynamique que dans le reste de la zone euro et surtout en Allemagne, ce qui s'explique sans doute par le fait que l'emploi a moins reculé en France qu'outre-Rhin". Avec des consommateurs toujours aussi enclins à dépenser, nul doute que la France réussira à afficher cette année une croissance supérieure à l'hypothèse initiale du gouvernement, à savoir 1,7%. D'ores et déjà, certains au gouvernement tiennent pour acquise une hausse du PIB d'au moins 2% en 2004. Reste à déterminer si les ardeurs des consommateurs ne risquent pas d'être freinées par l'évolution des prix pétroliers et l'impact de leur flambée sur l'inflation. Hier, Jean-Pierre Raffarin s'est voulu confiant, affirmant ne pas croire à un impact négatif des prix du brut sur la croissance à court terme. Le Premier ministre a même évoqué des signes montrant "qu'on peut espérer une détente" du prix du baril. Hier pourtant aux Etats-Unis, le baril de WTI a touché un nouveau record à 41,75 dollars. La publication des chiffres définitifs de l'inflation pour le mois d'avril confirme d'ailleurs que le pétrole commence à tirer les prix vers le haut. En avril, les prix de détail ont augmenté de 0,3% sur un mois avec une hausse de 1,1% pour les produits pétroliers. Sur un an, l'inflation s'établit à 2,1%, marquant ainsi une accélération par rapport au mois de mars où le rythme était de 1,7%.

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