2003, plus mauvais cru pour la croissance française depuis dix ans

Contrairement à son grand voisin allemand (lire encadré ci-dessous), la France a échappé à la récession en 2003. De justesse, certes, comme en témoignent les chiffres publiés ce matin par l'Insee. Au quatrième trimestre de l'exercice écoulé, le produit intérieur brut (PIB) français a progressé de 0,5% par rapport au trimestre précédent. L'institut national de statistiques ne détaille pas les ingrédients de cette hausse dans la mesure où cette donnée n'est qu'une première estimation qui demande à être confirmée dans les semaines à venir. Sur l'ensemble de l'année 2003, la croissance s'est donc établie à 0,2%, très loin du 2,5% annoncé par le gouvernement en 2002 lors de la présentation du projet de budget. Ce résultat marque un nouveau ralentissement après la croissance de 1,2% enregistrée en 2002. Cette croissance homéopathique est la plus mauvaise performance depuis 1993, année durant laquelle le PIB s'était contracté de 1%. Et pour la première fois depuis six ans, la France a fait moins bien que la zone euro (+0,4%). Mais du côté des pouvoirs publics, on entend néanmoins tourner la page rapidement sur ce mauvais millésime. Dès ce matin, Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement, se félicitait de la performance affichée durant les trois derniers mois de 2003 et qualifiait ce résultat de "très encourageant". Il a souligné que si un tel rythme de croissance perdurait en 2004, "nous dépasserons les 2%, voire peut-être atteindrons les 2,5% de croissance". Rappelons que la prévision officielle du gouvernement, à partir de laquelle est bâti le projet de loi de finances, est de 1,7%. Même si l'Insee n'a pas détaillé les composantes du PIB pour le quatrième trimestre, certains économistes se hasardent à quelques explications. Laure Maillard (CDC-Ixis) suppose que la progression de 0,5% du PIB "provient principalement de la demande intérieure". Pour elle, " le chemin de la reprise amorcée depuis le deuxième semestre n'est pas sans embûches. La principale est la hausse de l'euro qui bride la compétitivité européenne". Dans ces conditions, cette économiste continue de pronostiquer une croissance de 1,5% cette année. Un peu moins pessimiste que sa consoeur, Nicolas Claquin (CCF), cité par Reuters, considère que la croissance du PIB au quatrième trimestre constitue un signe positif. "Même si les indicateurs restent fragiles, nous sommes optimistes pour 2004. Nous prévoyons, comme la Banque de France, une croissance de 0,5% au premier trimestre. Pour l'ensemble de l'année, nous tablons sur une croissance de 1,9%".L'Allemagne n'a finalement pas échappé à l'écueil de la récession. Avec une croissance limitée à 0,2% au quatrième trimestre, la première économie de la zone euro a, sur l'ensemble de l'année, accusé une légère récession, avec un PIB en recul de 0,1%. La faiblesse des chiffres du dernier trimestre de l'année écoulée vient quelque peu refroidir les espoirs du gouvernement allemand. Il ne semble pas y avoir encore de réelle accélération de la reprise en Allemagne. Cependant, les bonnes nouvelles issues du secteur industriel (rebond de la production et des carnets de commandes) laissent anticiper de meilleurs jours au cours du premier semestre de cette année.

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