Le moral des patrons français vacille

Suivant en cela l'exemple de leurs homologues allemands, italiens et belges, les industriels français affichent en mai une moindre confiance qu'en avril. L'indicateur synthétique du climat des affaires établi par l'Insee se replie en effet légèrement, moins un point à 104, après plusieurs mois consécutifs de progression. Malgré ce repli, l'indice demeure toutefois au-dessus de sa moyenne de long terme, à savoir 100.Dans son communiqué, l'Insee souligne que "les résultats de l'enquête de conjoncture de mai 2004 font ressortir une appréciation toujours hésitante des entrepreneurs sur la conjoncture industrielle". Si l'on veut retenir les éléments positifs de cette étude, on notera qu'elle montre un redressement de l'activité sur les trois derniers mois. Autrement dit, après un décevant premier trimestre, la production industrielle pourrait afficher un meilleur tonus au deuxième trimestre de l'année.Plus préoccupant en revanche, l'érosion pour le deuxième mois consécutif du jugement des chefs d'entreprises sur leurs perspectives personnelles de production. Celle-ci peut sans doute être directement reliée "avec l'évolution défavorable de la demande étrangère", souligne l'Insee. La forte dégradation (chute de 14 points) de l'opinion des industriels sur les carnets de commandes étrangers peut être expliquée selon Laure Maillard (CDC Ixis) par "l'appréciation passée de l'euro et par le manque de compétitivité des exportations françaises". Dans une note faisant le bilan des échanges de la France vers l'extérieur, l'Insee souligne qu'en 2003 les exportations de biens et de services ont reculé de 2,6%, en valeur et en moyenne annuelle. Les experts de l'institut de statistiques remarquent que la demande mondiale s'est redressée en milieu d'année dernière mais les échanges restent affectés par le recul des commandes des entreprises et par le manque de ressort de la conjoncture européenne. Or comme le rappelle Laure Maillard, la moitié des exportations françaises se font dans la zone euro. Ces éléments auxquels il faut ajouter la nervosité des marchés boursiers - sur un peu plus d'un mois, le CAC 40 a perdu près de 4% - et la hausse des prix du pétrole alimentent vraisemblablement les doutes des industriels quant à leur jugement sur la reprise engagée. Dans les rangs du gouvernement, on se montre plus optimiste avec un Premier ministre faisant clairement le pari d'une croissance supérieure à 2% cette année.

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