Nouveaux décès dus à la grippe du poulet

Le Vietnam, pays le plus touché par la grippe du poulet, a donc annoncé lundi matin de décès d'un neuvième malade. L'adolescent, originaire du centre du pays, aurait été en contact direct avec des poulets dans son village. Sa mort porte à neuf le nombre des décès sur un total officiel de onze malades contaminés par le virus.Simultanément, la Thaïlande a annoncé la mort d'une femme originaire d'une province du centre du pays. Celle-ci fait suite à celle de deux enfants morts la semaine dernière. Un autre enfant est hospitalisé dans un état critique. Et le pays compte également neuf décès récents considérés comme suspects et pouvant être liés à la grippe aviaire.Si le bilan des morts causés par le virus continue de s'alourdir, c'est essentiellement le décès de deux soeurs vietnamiennes, la semaine dernière, qui inquiète scientifiques et autorités politiques. Il semblerait en effet que ces deux femmes, contrairement à toutes les autres victimes, n'aient pas été en contact direct avec des poulets. D'où l'hypothèse qu'elles puissent avoir été contaminées par leur frère, mort lui aussi de la grippe aviaire.Une telle hypothèse, formulée explicitement dimanche par l'Organisation mondiale de la santé, serait terriblement inquiétante. Signifiant que le virus s'est "adapté" pour une transmission directe entre humains, elle ouvrirait la possibilité d'une épidémie d'ampleur considérable, qui menacerait directement les pays d'Asie, mais aussi le reste du monde.L'hypothèse formulée par l'OMS a d'ailleurs été fort mal accueillie par les autorités locales. Le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra a critiqué sévèrement l'Organisation, considérant qu'elle avait évoqué à la légère cette possibilité d'une transmission inter-humaine du virus. "Normalement, l'éthique des chercheurs veut que s'il y a seulement une faible possibilité que quelque chose se passe, ils discutent entre eux et ne disent rien en public afin de ne pas susciter l'inquiétude", a dit M. Thaksin à des journalistes. "Si la possibilité est plus grande que 5%, ils devraient dire quelque chose, mais si (c'est moins), ils devraient se taire. La possibilité de transmission entre humains est de 0,00001%", a-t-il affirmé. Cette contre-attaque politique n'a pas empêché l'OMS de revenir à la charge ce lundi. Selon l'organisation internationale, en effet, le risque semble s'accroître que le virus de la grippe aviaire se mêle à un virus de grippe humain et déclenche une épidémie à la fois mortelle et très contagieuse. "Il y a toujours un potentiel que ce genre d'épidémie aboutisse à une sérieuse pandémie mondiale qui n'impliquerait pas seulement des centaines mais tuerait des millions de personnes dans le monde si cette mutation se produisait", a affirmé un de ses représentants. L'avertissement de l'OMS rappelle la grande pandémie de grippe espagnole de 1918-1919, qui aurait fait jusqu'à 50 millions de victimes, selon diverses estimations aujourd'hui impossibles à confirmer. Pour la dizaine de pays de la région touchés par le fléau, l'enjeu est donc colossal. Le risque d'une épidémie déferlant sur la population occasionnerait un mouvement de panique qui pourrait largement valoir celui occasionné l'année dernière par celle de pneumopathie atypique. Ce qui ne ferait qu'aggraver encore les conséquences économiques déjà lourdes de la crise.En Chine, par exemple, les abattages de volailles se poursuivent. Quatorze foyers de contamination ont été recensés, entraînant la multiplication de mesures de prévention. Ainsi, dans la province du Gansu (nord-ouest), des milliers de poulets ont été mis à mort dans un rayon de trois kilomètres autour d'un élevage où des volailles ont commencé à mourir la semaine dernière pour une raison inconnue. Au total, dix régions chinoises sont touchées par le fléau, qui a fait l'objet d'une réunion d'urgence du gouvernement.

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