Jean-Louis Borloo présente son plan de cohésion sociale

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Jacques Chirac avait promis, lors de son élection en 1995, de réduire la fracture sociale. Neuf ans après, c'est dans ce but que son ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale a élaboré un vaste plan axé sur l'aide aux personnes les plus fragilisées socialement. Avec trois axes de travail: l'emploi, le logement et l'égalité des chances. Le texte présenté ce matin en Conseil des ministres par Jean-Louis Borloo reprend une partie des mesures initialement prévues dans la "loi de mobilisation pour l'emploi" de l'ancien ministre du Travail et des Affaires sociales, François Fillon. Mais les élections régionales sont passées par là, et le changement de ministre s'est accompagné d'un renforcement des moyens dédiés à l'action sociale.Le volet emploi comporte deux mesures phares destinées à "libérer les capacités du marché et concentrer les moyens sur ceux qui en ont le plus besoin", selon les termes du ministre. Un nouveau contrat aidé, destiné aux bénéficiaires des minimas sociaux, remplacera partiellement les contrats-emploi solidarité (CES) et les contrats-emploi consolidé (CEC). 250.000 personnes pourraient être concernées, pour une enveloppe d'environ 500 millions d'euros par an. Le texte vise par ailleurs à accompagner 800.000 jeunes vers l'emploi, sur une période de cinq ans, au moyen de formations en alternance dans la fonction publique, dans le privé, et via des contrats aidés.La deuxième partie du texte, consacrée au logement, ambitionne de doubler les constructions de HLM jusqu'en 2009, soit une moyenne de 120.000 logements sociaux par an. Il s'agit aussi de résoudre le problème de l'hébergement d'urgence en y affectant des logements sociaux spécifiques. Enfin, le gouvernement souhaite mieux prévenir les expulsions en proposant une sécurisation de la créance locative.Le troisième volet, sur l'égalité des chances, bénéficiera d'une enveloppe plus restreinte. Mais son impact est jugé primordial par le ministère. L'effort portera principalement sur les enfants en grande difficulté, avec pour objectif de les repérer très tôt pour leur proposer un soutien. La lutte contre les discriminations (âge, sexe..) dans les entreprises sera par ailleurs renforcée.Restrictions budgétaires obligent, Jean-Louis Borloo n'a pas réussi à obtenir les crédits qu'il réclamait. Il devra ainsi se contenter d'un milliard d'euros l'an prochain, au lieu des trois milliards demandés. Mais, sur cinq ans, l'enveloppe totale du plan de cohésion sociale devrait tout de même atteindre 12,75 milliards d'euros.Les critiques contre le plan Borloo ne se sont pas faites attendre. Pour le Parti Socialiste, il s'agit d'une "supercherie" qui démontre notamment "une absence de stratégie pour l'emploi". Le PS estime par ailleurs qu'on est "dans le flou le plus grand pour le financement du projet". A droite, le soutien est loin d'être unanime. "On ne s'attaque pas au noyau dur de l'exclusion", déplore la députée UMP Christine Boutin, qui ajoute qu'elle "ne supporte plus le manque de dimension sociale du gouvernement". Quant à François Bayrou (UDF), il met le gouvernement en garde contre les "effets d'annonce, qui, après ne sont pas suivis de réalités". Du côté des syndicats, le plan Borloo est accueilli assez favorablement, hormis à la CGT, qui estime que le texte va renforcer la précarité des salariés.Après le passage en Conseil des ministres, le texte doit être transmis au Parlement, qui l'examinera à la rentrée en vue d'une adoption cet automne.

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