En attendant les créations d'emplois

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La banderole, derrière le président George Bush, proclamait "Jobs!". Le meeting politique avait lieu quelques jours avant la publication des derniers chiffres sur le marché de l'emploi. Il s'agissait, évidemment, pour le président, de célébrer le renouveau en matière de créations d'emplois qui s'était fait jour depuis l'été. Las! les chiffres de décembre ont déçu. Alors que, selon les calculs des experts, l'économie américaine, qui tourne à plein régime, devrait créer 200.000 à 250.000 emplois par mois d'ici aux élections de novembre prochain, afin de simplement effacer les 2,7 millions d'emplois perdus depuis que George Bush est locataire de la Maison Blanche, la fin de l'année a affiché une bien piètre performance, avec... 10.000 créations d'emplois. Bref, la banderole "Jobs" fait penser à une autre - "Mission accomplie" - qui flottait sur le porte-avions choisi par le commandant en chef des armées pour déclarer la fin de la guerre en Irak, le 1er mai dernier. Depuis, 500 soldats sont morts...Comme sur l'Irak, le président ne peut pas faire grand chose sur l'emploi. Sinon espérer. Il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour relancer la machine. Il a obtenu des baisses d'impôts au Congrès en 2001. Des ristournes pour les entreprises en 2002. De nouvelles baisses d'impôts en 2003. Enfin, il n'a jamais hésité à donner des " subventions ", sous différentes formes, à différents secteurs - l'aviation, le matériel militaire : rien n'y fait. L'affaire est donc sérieuse. D'autant plus sérieuse que selon le dernier sondage du New York Times, 51% des personnes interrogées déclaraient la semaine dernière qu'elles désapprouvaient la façon dont Bush gérait l'économie. 32% déclaraient que leur fardeau d'impôts s'était alourdi. 64% des personnes interrogées estimaient que le "big business" avait trop d'influence sur l'Administration actuelle, tandis que 57% déclaraient que la politique de George Bush favorisait trop les riches...Sans doute conscient des difficultés qu'il a à relancer les créations d'emplois et à convaincre les Américains du bien fondé de sa politique, le président s'est contenté d'être vague, mardi soir, dans son discours sur l'Etat de l'Union. Au risque de décevoir un peu plus les électeurs potentiels.

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