Le froid aux Etats-Unis affole le marché pétrolier

Le marché pétrolier est soumis à des tensions de plus en plus fortes. Lundi soir à New York, les contrats à terme sur le baril de référence ont touché la barre des 35 dollars dans les échanges électroniques hors séance, et cela pour la première fois depuis la veille de l'offensive américaine en Irak. A la séance officielle du New York Mercantile Exchange, le brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en janvier avait progressé de 41 cents à 34,72 dollars. Cette nouvelle forte progression fait suite au bond de 1,83 dollar enregistré la semaine dernière par le baril. A Londres, mardi matin, le baril de Brent a ouvert au plus haut depuis dix mois, à 32 dollars. Et en fin d'après-midi, le baril évoluait juste en dessous de cette barre.La première raison de cette poussée de fièvre sur le brut tient à la situation climatique aux Etats-Unis, où une vague de froid intense est annoncée pour les jours qui viennent. Une masse d'air polaire est attendue sur tout le nord-est des Etats-Unis, qui devrait faire chuter les températures bien en dessous de la normale pour une période qui, selon les météorologues, pourrait durer plusieurs semaines.La forte consommation d'énergie qui devrait en résulter tombe d'autant plus mal que les stocks américains ne sont pas au mieux de leur forme. D'ores et déjà, ces stocks sont tombés à leur plus bas niveau depuis 1975, et les observateurs s'attendent à ce que le rapport hebdomadaire qui sera publié demain fasse apparaître une nouvelle dégradation.A ces considérations liées au marché domestique américain s'ajoutent d'autres sources d'inquiétude au Moyen-Orient. Outre le fait que la situation en Irak est loin d'être stabilisée et que la production de ce pays ne revient toujours pas à la normale, les tous derniers développements de la situation politique en Iran nourrissent également l'inquiétude. Dimanche dernier, un bras de fer de grande ampleur s'est engagé entre le camp des conservateurs, qui tiennent les principaux leviers du pouvoir dans le pays, et celui des réformateurs. Les premiers ont en effet décrété le rejet de milliers de candidatures de réformateurs pour les élections législatives du mois prochain. Une situation qui pourrait dégénérer en affrontement ouvert dans un pays qui demeure l'un des principaux producteurs de pétrole de la région.Dans ces conditions, même l'Opep s'inquiète de la montée des prix. Le ministre indonésien du Pétrole, Purnomo Yusgiantoro, a appelé hier "toutes les parties concernées par le marché pétrolier à prendre une initiative pour préserver la stabilité des prix à un niveau représentatif" des positions des producteurs et des consommateurs. Selon le ministre, l'Opep produit actuellement plus que ses quotas normaux afin de peser sur les prix. L'objectif que se fixe l'Organisation, qui est d'une fourchette de 22 à 28 dollars le baril sur un panier de bruts, est en effet actuellement largement dépassé, avec un prix à 30,88 dollars.

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