Le chômage augmente, le moral des Français se dégrade

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Le reprise économique en France n'empêche toujours pas le chômage de progresser. Les statistiques du mois d'avril montrent une nouvelle hausse de 0,3% du chômage, soit 8.200 personnes de plus qu'en mars, selon les données publiées vendredi par le ministère de l'Emploi. Des chiffres très décevants.Le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) reste à 9,8%, mais la risque d'atteindre les 10% cette année n'est toujours pas exclue, dans la mesure où de l'avis même de l'Insee la stabilisation du nombre de demandeurs d'emploi ne devrait intervenir qu'au cours du second semestre. Sur un an, le nombre de chômeurs de catégorie 1 (immédiatement disponibles et à la recherche d'un emploi à temps plein) a augmenté de 2,4%.Les jeunes sont les plus touchés par cette aggravation : leur taux de chômage augmente de 0,5% sur un mois et de 5,3% sur un an. A l'inverse, celui des plus de 50 ans recule de 0,3% sur un mois et de 1,6% par rapport à avril 2003.Dans ces conditions, la baisse du moral des ménages en mai n'est pas très surprenante.L'indicateur synthétique de l'Insee passe en un mois de -20 à -23. Au sein de cet indicateur, presque toutes les composantes se dégradent. C'est notamment le cas pour pour le solde d'opinion relatif à l'évolution future du niveau de vie. Cette frilosité des Français s'explique selon Emmanuel Ferry, économiste chez Exane, par "un vrai problème de confiance". Selon lui cette situation est due "à un manque de lisibilité des réformes. les ménages anticipent en outre un resserrement fiscal qui va effectivement arriver et voient les déficits publics se dégrader, ce qui se traduit traditionnellement par un réflexe de précaution". Avec des anticipations concernant l'inflation assez pessimistes, ainsi que des perspectives concernant le chômage qui se dégradent nettement, on peut évidemment s'interroger sur l'évolution de la consommation dans les mois à venir. Une inquiétude que tempère pour sa part Laure Maillard (CDC Ixis). Elle souligne que ce n'est pas parce que "le moral des ménages est bas que ceux-ci ne consommeront pas", le passé ayant montré la faible corrélation entre confiance et dépenses.

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