Coup d'envoi de la réforme de l'assurance maladie

Une sérieuse remise en ordre du fonctionnement du système de soins français, mais sans la moindre perspective de privatisation : tels sont le grand objectif et le principal garde-fou déterminés aujourd'hui par le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, à l'occasion de la réunion donnant le coup d'envoi du processus de réforme de la Sécurité sociale.C'est l'ensemble des partenaires sociaux - patronat, syndicats, professions médicales - qui étaient réunis aujourd'hui pour ce "Ségur de la Santé". Un sommet qui annonce une longue série de réunions de concertation censées déboucher d'ici l'été sur un vaste plan de réforme de l'assurance maladie. Intervenant pour cadrer les difficiles débats à venir, le ministre a d'emblée précisé que le premier objectif recherché serait de "remettre de l'ordre" dans le fonctionnement du système de soins, avant même de s'attaquer aux problèmes de financement. Pour Jean-François Mattei, il s'agit là, tout simplement, de tirer les conséquences du fait que "par le passé, toutes les réformes qui n'étaient basées que sur les seules baisses de remboursements et augmentations des recettes ont échoué, quel que soit le gouvernement qui les a menées". Mais, soucieux de calmer les inquiétudes qui se sont déjà manifestées, le ministre a tenu à poser aussitôt les limites que cette remise en ordre ne doit pas franchir : le gouvernement, a-t-il affirmé, rejette "avec force toute forme de privatisation de notre assurance maladie ou de mise en concurrence entre régimes". Il s'agit là, a-t-il souligné, d'un "engagement fort" posé en préalable à l'ouverture des discussions.Dans le même ordre d'idées, Jean-François Mattei a affirmé que le gouvernement écarte toute "étatisation" de l'assurance maladie, dont il veut préserver le caractère paritaire. Un appel direct au patronat, qui s'est retiré en 2001 des organismes de gestion de l'assurance maladie, et dont le retour éventuel constitue l'un des grands enjeux de la réforme envisagée (lire ci-contre).Ces grands principes une fois posés, le ministre a pour l'essentiel présenté le calendrier et les modalités des travaux. En février et en mars, des discussions bilatérales seront organisées, sur la base des pistes esquissées par le rapport du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie. Simultanément, huit groupes de travail vont être constitués. Trois porteront sur l'organisation des soins, sur les thèmes suivants : répartition de l'offre de soins sur le territoire ; coopération entre la ville et l'hôpital ; orientation et information du patient. Deux groupes s'intéresseront à la qualité des pratiques médicales : évolution des conditions d'exercice pour une plus grande coordination des soins ; bon usage du médicament. Sur le thème de la gestion du risque, deux groupes se pencheront sur le partage des données médicales d'une part, les abus et les gaspillages d'autre part. Le dernier groupe, enfin, travaillera sur les moyens de concilier les nécessités d'équilibre à moyen terme avec les évolutions conjoncturelles des dépenses et des recettes.Ces huit groupes travailleront de fin février jusqu'à début avril, de façon à ce que le gouvernement puisse présenter un document d'orientation de la réforme dans le courant de ce mois.

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