Pas de miracle au G7 de Boca Raton

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"Vous attendez-vous à voir les Américains lâcher quoi que ce soit au G7?", a-t-on demandé voici quelques jours à l'un des futurs participants. La réponse: une moue dubitative, puis un "non" de la tête. Un haut fonctionnaire des Finances d'un grand pays européen avoue volontiers son inquiétude : "je parle à des gestionnaires de fonds qui me disent qu'ils ne bougeront plus avant le G7. Et s'il ne s'y passe rien?" C'est le plus probable, ajoute-t-il. S'il ne s'y sont pas préparés, les opérateurs du marché des changes pourraient en réaction faire de nouveau dégringoler le dollar."Pour les Américains, la valeur externe du dollar n'est pas un sujet", rappelle Alan Blinder, un ancien vice-président de la Fed, aujourd'hui professeur à l'Université de Princeton. Jusqu'à présent, ajoute-t-il, la baisse du dollar, notamment parce qu'elle n'a eu aucun impact sur l'inflation, "n'est pas un problème pour nous". Mieux: elle a déjà permis une amorce de redressement du commerce extérieur. "Sur les trois derniers mois, les exportations ont augmenté de 20% et les importations de 7% seulement", relève Louis Bacon, dont la société, Moore Capital, gère 7 milliards de dollars d'actifs.Et puis il y a aussi la dimension politique, d'autant plus importante que nous nous trouvons en année électorale. Là encore, les experts sont d'accord. L'administration Bush ne consentirait un signal à l'adresse des marchés en faveur d'une stabilisation des changes qu'à une seule condition : que ce signal produise un bénéfice concret et immédiat pour les Etats-Unis. Or, à la Maison Blanche comme au Trésor voisin, on considère que la baisse du dollar a plutôt bien réussi à l'Amérique.Il n'y aura donc pas de miracle à Boca Raton. Pour arracher au secrétaire au Trésor John Snow la moindre concession, ses interlocuteurs devront lui montrer en quoi celle-ci serait, pour l'économie américaine, un avantage instantanée. A la lumière des mois et des semaines écoulées, on leur souhaite bon courage.

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