L'euro bat un nouveau record après des chiffres de l'emploi décevants aux Etats-Unis

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L'emploi reste décidément l'épine dans le pied de la reprise américaine. Vendredi, le département du Travail a indiqué que l'économie avait créé en décembre 1.000 emplois. Un chiffre très décevant si l'on considère que le consensus du marché selon CDC-Ixis se situait à 180.000 emplois créés. Pire, il s'agit d'un véritable coup d'arrêt puisqu'en novembre, les créations d'emplois avaient atteint 43.000 postes. A noter par ailleurs que les chiffres de novembre ont été révisés à la baisse. Et ce n'est pas la baisse du taux de chômage de 5,9% à 5,7% qui rassurera les observateurs: elle n'est en effet due qu'à la forte baisse de la population active (-309.000 personnes en un mois). D'autant que certains s'interrogent sur ce chiffre qualifié de "plutôt étrange" par Marie-Pierre Ripert, économiste chez CDC-Ixis. Selon Cary Leahey, chef économiste de Deutsche Bank Securities à New York, interrogé par Reuters, ce déclin du taux de chômage "est de façon ironique un signe de faiblesse". Car il pourrait en grande partie s'expliquer par le découragement de certains chômeurs. Selon le Département du Travail, 433.000 personnes ont été enregistrées comme "découragées", c'est-à-dire comme ne considérant pas nécessaire de s'inscrire, compte tenu du peu de chance de trouver un emploi. Ce qui en dit long sur l'état du marché du travail américain...L'espoir d'une reprise se traduisant enfin par des créations d'emplois s'éloigne donc. Pourtant, les indicateurs positifs de l'ISM manufacturier avaient fait espérer à plusieurs économistes une reprise des créations d'emplois dans l'industrie, pour la première fois depuis juillet 2000. En vain: l'industrie manufacturière a détruit en décembre 26.000 emplois, soit autant qu'en novembre. Malgré la reprise de l'activité, l'industrie américaine ne peut pas créer d'emplois, ses gains de productivité lui suffisent. Plus inquiétant encore, l'emploi du commerce de détail s'est effondré à nouveau en décembre. La destruction de 38.000 emplois le mois dernier poursuit le recul de novembre (-30.000). Il est, du coup, difficile de ne pas faire le lien entre l'affaiblissement de la consommation américaine constaté ces derniers mois et ces destructions d'emplois. Une situation d'autant plus périlleuse que les services sont depuis près de quatre ans les seuls à créer des emplois. Pour le moment, grâce au maintien de l'investissement, les services aux entreprises continuent à créer beaucoup d'emplois (45.000 en décembre), mais si ce niveau devait fléchir, la situation de l'emploi deviendrait inquiétante. Dans une telle situation, chacun s'interroge donc sur la pérennité d'une croissance américaine incapable de créer des emplois. "La reprise pourrait être plus faible que nous l'avions pensé", avoue ainsi Patrick Fearon, économiste chez AG Edwards. Le retour des ménages à l'épargne, constaté en décembre, devrait en tout cas se poursuivre dans un tel contexte, au détriment de la consommation. Et si les nouvelles baisses d'impôts à venir devraient encore limiter la casse, chacun sait bien que cette situation ne pourra durer indéfiniment. Ces chiffres de l'emploi alimentent donc le scepticisme des marchés sur la croissance outre-Atlantique. Et comme toujours dans ce cas, la conséquence est la vente massive de dollars. Aussitôt après la diffusion de ces chiffres, l'euro s'est ainsi envolé, établissant un nouveau record historique à 1,2853 dollar pour un euro. Après un léger tassement dans le courant de l'après-midi, la hausse a repris de plus belle, l'euro atteignant un nouveau plus haut en fin d'après-midi, à 1,2871 dollar. Parallèlement, le yen a repris sa hausse par rapport au billet vert, effaçant les effets de l'intervention de la Banque du Japon (lire ci-contre). Il fallait, dans l'après-midi, environ 106,5 yens pour un dollar. Le tout a évidemment entraîné les marchés européens vers le bas. Le CAC 40, par exemple, qui était presque à l'équilibre vers 14h30 a terminé en baisse de 0,5%.

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