Déception sur le front de l'investissement aux Etats-Unis

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Il n'y a rien dans les chiffres diffusés aujourd'hui aux Etats-Unis qui milite en faveur d'une modification de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Au contraire, la livraison de statistiques de ce jour alimente les interrogations quant à la vigueur de la reprise amorcée dans le secteur manufacturier américain. Les commandes de biens durables aux Etats-Unis ont en effet stagné en décembre par rapport à novembre, après avoir reculé de 2,3% (révisé) le mois précédent. Cette stabilité a fortement déçu les analystes: le consensus Reuters portait sur une progression de 2%. La performance décevante de décembre s'explique notamment par le recul de 2,7% des commandes de produits électroniques et informatiques, après une baisse de 12,2% déjà le mois précédent. Ce recul a été entraîné par la chute de 18,1% des commandes d'équipements de communication, qui intervient après un plongeon de 46,4% en novembre. Les commandes d'équipement de communication ont ainsi atteint leur plus bas point depuis décembre 1996, selon le département du Commerce. Si l'on se penche sur les seules commandes de biens durables hors défense et aviation, un bon baromètre de la volonté des entreprises d'investir, ces dernières se sont repliées de 0,4% en décembre après avoir chuté de 5,6% le mois précédent. Même si en 2003 par rapport à 2002, les commandes de biens durables affichent une hausse de 2,8% (+7% hors défense et aviation), on ne peut s'empêcher de s'interroger sur la pérennité de cette reprise. Ces inquiétudes figurent certainement à l'ordre du jour du conseil de politique monétaire de la Fed qui se tient aujourd'hui. Si l'on ajoute à ce tableau peu enthousiasmant le fait que l'inflation aux Etats-Unis ne montre aucun signe de surchauffe et que l'emploi demeure à la traîne de la reprise, les autorités monétaires n'ont aucune raison de modifier le loyer de l'argent, fixé à 1%, soit son plus bas niveau depuis 45 ans. L'enjeu de la réunion de ce soir n'est pas dans l'esprit des économistes de savoir si la Fed va maintenir inchangé ou non son principal taux directeur. A l'unanimité, les économistes estiment que le taux des fonds fédéraux restera le même. En revanche, les avis sont plus nuancés quant aux commentaires qui accompagneront la décision. En effet, alors que certains économistes parient sur une croissance au quatrième trimestre 2003 de 5% en rythme annuel (la première estimation du PIB pour les trois derniers mois de 2003 sera connue vendredi), la banque centrale américaine pourrait être tentée de modifier le style et la teneur de son communiqué. Sera notamment très surveillé le sort réservé à une formule apparue dans de précédents commentaires, à savoir que la Réserve fédérale entendait maintenir sa politique accommodante pour "une période considérable".Même si quelques économistes évoquent la possibilité d'un relèvement du loyer de l'argent à l'automne, et ce malgré un calendrier peu favorable en raison de la proximité de l'élection présidentielle, d'autres jugent que la Fed ne fera rien cette année. Pour les avocats de ce scénario, la banque centrale attendra de voir un véritable mieux sur le marché de l'emploi, c'est dire des statistiques du chômage qui feraient apparaître un niveau de créations d'emplois de l'ordre de 150.000 par mois. En décembre dernier, on en était loin, puisque l'économie américaine avait créé seulement 1.000 emplois nets.

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