2003, une année à oublier pour l'Allemagne

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2003, année noire pour l'Allemagne. Destatis, l'Insee allemand, a en effet annoncé ce matin que le PIB allemand a reculé de 0,1% en 2003. Il s'agit de la première baisse de la richesse outre-Rhin depuis 1993, année où la chute avait atteint 1,1%. Rappelons que le gouvernement tablait sur une croissance nulle et qu'en 2002, le PIB avait progressé de 0,2%. Ce chiffre n'est certes que provisoire, mais aucune bonne surprise ne doit être attendue, a prévenu le président de l'Office des statistiques. "Nous n'avons pas pris à la légère la décision de publier un chiffre provisoire négatif", a-t-il insisté. Il faut dire que la plupart des indicateurs sont au rouge: la consommation des ménages (-0,2%), la construction (-4,9%), l'investissement (-3,3%) et même le commerce extérieur qui recule de 0,2% sur un an. L'appel d'air de la reprise américaine n'aura donc pas été suffisant. Certes, certains signaux sont de nouveau dans le vert, notamment sur le plan des exportations. Mais cela reste très fragile. Pour preuve, les exportations en octobre avaient reculé de 14,3% sur un an et la croissance du 4ème trimestre devrait être nettement en deçà des 0,5% prévus par l'institut DIW. La plaie de l'Allemagne reste donc la faiblesse de sa demande intérieure. Et, sur ce point, l'optimisme doit rester mesuré. Certes, le ministre de l'Economie Wolfgang Clement assure que "les indicateurs actuels nationaux et internationaux montrent de plus en plus une évolution économique à la hausse qui gagne en solidité". Mais il ne faut pas se faire d'illusions. Ainsi, Alexandre Bourgeois, économiste chez Natexis-Banques Populaires, estime que les salaires devraient rester sous contrôle en 2003, limitant la hausse du revenu disponible et donc de la consommation. Il ne voit donc qu'une progression de 0,6% de la consommation des ménages cette année pour une croissance finale de 1,6%. Et "l'agenda 2010", ce plan de réforme structurelle lancé par Berlin? Alexandre Bourgeois ne parle que d'un impact de "quelques dixièmes de points" sur la croissance. Pire, Guilhem Savry, chez CDC-Ixis, estime que "la réforme structurelle continuera à peser sur la consommation des ménages". Or, dans un contexte où les exportations pourraient pâtir de l'euro fort, le tableau n'est pas encore réjouissant pour la croissance allemande. Dans ce contexte, les déficits devraient donc continuer à glisser. Selon Destatis, le déficit des finances publiques a été en 2003 de 4% du PIB. Et rien ne laisse présager d'une baisse rapide. Il faut dire que les dépenses des administrations sont, avec le déstockage, le seul contributeur positif à la croissance en 2003. Selon Natexis-Banque Populaires et CDC-Ixis, le déficit devrait demeurer autour de 4% en 2004. L'engagement de revenir sous les 3% en 2005 semble donc assez irréaliste. Voilà qui promet donc de nouvelles batailles avec la Commission.

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