L'envolée de l'euro ne préoccupe que très modéremment la BCE

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De marbre ou presque. Malgré l'accélération à la hausse de l'euro - la devise européenne a signé cette semaine un nouveau record historique face au billet vert à plus de 1,28 dollar - la Banque centrale européenne est restée sourde aux appels lui demandant d'assouplir sa politique monétaire. La BCE a décidé, conformément aux pronostics de la totalité des économistes, de maintenir inchangés les taux d'intérêt de la zone euro. Le taux directeur reste donc à 2%, niveau qui est le sien depuis le mois de juin dernier. La Banque d'Angleterre a également opté pour le statu quo monétaire en laissant son taux directeur à 3,75%. Alors que dans la matinée, des personnalités comme le ministre allemand de l'Economie Wolfgang Clement, le Premier ministre belge Guy Verhofstadt et le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz se sont faits entendre pour réclamer une baisse du loyer de l'argent, Jean-Claude Trichet a dans l'après-midi voulu justifier l'attentisme de l'institution qu'il préside. Si le président de la BCE a bien reconnu que la flambée actuelle de l'euro face au dollar a un "effet négatif" sur la compétitivité des exportateurs de la zone, il s'est également empressé d'ajouter que cet effet négatif devrait être "partiellement compensé" par la reprise de la demande au niveau mondial. Jean-Claude Trichet a aussi insisté sur un autre impact favorable de cette appréciation de l'euro, à savoir une diminution de "la pression sur les prix" en zone euro. Et de conclure sur ce thème en rappelant que pour la BCE, les taux de change ne sont qu'un élément parmi d'autres pour l'analyse des risques pesant sur la stabilité des prix en zone euro, et donc pour la définition de la politique monétaire de l'institut. Sur le marchés des changes, les cambistes ont vite interprété la répugnance affichée de la BCE à se montrer agressive sur cette question de la parité euro/dollar comme un feu vert donné à un nouveau rally haussier pour la devise européenne. Vers 18h30 jeudi, l'euro s'échangeait à 1,2773 dollar, contre 1,2578 en fin de matinée. Pour Michael Rottmann, chef de l'analyse sur les taux à l'Hypovereinsbank cité par Reuters, Jean-Claude Trichet ne semble pas s'attendre à un "retournement de la tendance euro/dollar pour le moment. La récente hausse de l'euro ne semble pas poser véritablement de problème à la BCE pour le moment. Cela me donne à penser qu'on va se rapprocher de 1,30 dollar au cours des 15 prochains jours. A notre avis, il semble très très improbable que la BCE réduise ses taux si la hausse de l'euro se poursuit. Peut-être essaiera-t-elle d'intervenir à un certain moment si la situation perdure?"Outre ses considérations très équilibrées sur l'impact de l'euro, le président de la Banque centrale européenne a livré son diagnostic quant à la situation économique actuelle. Ses propos n'ont guère différé de ceux tenus au début de décembre dernier. Pour ce qui est de l'activité, "les indicateurs disponibles pointent vers une poursuite de la reprise dans la zone euro et cette dynamique de la croissance devrait se renforcer en 2004". Un rebond qui ne devrait pas occasionner de valse des étiquettes: la BCE s'attend à ce que dans le courant de l'année, les taux d'inflation redescendent et restent ensuite à un niveau correspondant à une stabilité des prix. En décembre, l'inflation dans la zone euro s'est établie à 2,1% en rythme annuel, soit légèrement au dessus de l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne. Après avoir dressé ce tableau rassurant, Jean-Claude Trichet ne pouvait donc qu'affirmer une fois de plus que le niveau des taux d'intérêt en zone euro est "approprié", écartant ainsi à court terme un assouplissement de la politique monétaire.

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