Fragile amélioration du chômage américain

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Les marchés sont devenus exigeants avec l'économie américaine. Celle-ci ayant affiché une croissance de son PIB au dernier trimestre de 2003 de 4% en rythme annualisé (après +8,2% au troisième), les observateurs s'étonnent de la faiblesse en emplois de cette reprise. Jeudi, la publication d'une progression de la productivité de seulement 2,7% laissait espérer que la "job machine" américaine s'était remise en marche. De fait, les statistiques de janvier montrent que les Etats-Unis ont créé le mois dernier 112.000 emplois nets, après 16.000 en décembre (chiffre révisé en hausse). Une performance qui permet au taux de chômage de reculer de 0,1 point à 9,6%, son niveau le plus bas depuis deux ans. Mais pour les économistes, la performance est décevante: en moyenne, ces spécialistes, interrogés par Reuters, attendaient 150.000 créations. Et si selon le département du Travail, qui a révisé ses chiffres pour les mois précédents, l'économie américaine a bien créé un total de 366.000 emplois entre août 2003 et janvier 2004, on est encore à des années-lumière des 300.000 emplois créés chaque mois outre-Atlantique à la fin des années 90 (lire ci-contre).L'autre élément préoccupant de cette enquête mensuelle réside dans le fait que la majeure partie des emplois créés l'ont été dans un seul secteur, les services (+105.000), dont 76.000 dans le commerce de détail. Le secteur de la construction a généré 24.000 nouveaux emplois alors qu'à l'inverse, dans l'industrie, les coupes dans les effectifs se poursuivent et ce malgré des signes de reprise. Depuis trois ans et demi, sans discontinuer, ce secteur affiche mois après mois des destructions nettes d'emplois (-11.000 en janvier).Dans la foulée de la publication de ces chiffres du chômage, le billet vert a connu un accès de faiblesse, propulsant la monnaie européenne successivement au-dessus des seuils de 1,26 dollar et 1,27 dollar. Vers 17 heures vendredi, l'euro s'échangeait 1,2724 dollar. Alors que se tient ce week-end en Floride un sommet du G7 des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale, cette nouvelle glissade du dollar ne fait pas les affaires des Américains, priés par l'Europe et l'Asie de mettre un frein à la chute du billet vert. L'administration Bush, en campagne pour la réélection du président, ne devrait voir aucun intérêt à stopper la dépréciation du dollar. Cette faiblesse permet aux entreprises américaines de trouver des relais de croissance à l'étranger et assure un soutien à l'activité économique du pays. Soutien que des politiques budgétaires et monétaires, déjà extrêmement accommodantes, ne peuvent plus apporter.

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