Bush emploie la méthode Coué sur l'Irak

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Aucune erreur commise, aucune intention de changer de politique en Irak, aucune responsabilité concernant les attentats du 11 septembre 2001, et donc aucune excuse à offrir au peuple américain : en répondant aux questions des journalistes rassemblés à la Maison Blanche, hier soir, le président Bush est resté inflexible, même s'il a admis que les derniers jours avaient été "difficiles". "Nous gagnerons en Irak. Nous devons rester à l'offensive contre le terrorisme. Nous avons l'obligation de répandre la démocratie dans le monde, car des nations libres sont des nations paisibles qui ne poseront pas de menaces contre les Etats-Unis", a-t-il insisté. Mélangeant à son habitude l'Irak et le terrorisme, c'est presque une impression de disque rayé qu'a donné hier soir le président américain. Alors que sa cote de popularité, autour de 50%, est au plus bas depuis le début de sa présidence, et que son adversaire à l'élection présidentielle de novembre, le démocrate John Kerry, est donné gagnant avec 7 points d'avance dans les sondages actuellement, George Bush a cherché une fois de plus à convaincre les électeurs du bien fondé de sa politique, en particulier en Irak, avec ses arguments habituels. Le président n'a, face à des questions telles que : "Pensez-vous que l'Irak est un nouveau Vietnam ?", "Vous sentez-vous en partie responsable des attentats du 11 septembre ?", "Avez-vous commis des erreurs ?", rien concédé, préférant marteler sa théorie fétiche : "Pour la sécurité des Américains, il faut lutter contre le terrorisme, et l'Irak fait partie de ce dispositif." Peu importe qu'aucune arme de destruction massive n'ait été trouvée. "Saddam Hussein avait la possibilité d'en fabriquer, et je suis persuadé que s'il en avait eu, il les aurait volontiers utilisées contre nous", a-t-il avancé... Il a par ailleurs confirmé que les troupes resteraient en Irak, ne serait-ce que "pour finir le travail de ceux qui sont tombés", et qu'il donnera plus de soldats et plus de moyens aux généraux s'ils le demandent. A peine a-t-il envisagé un rôle plus large pour l'Onu et l'Otan sur le terrain, exploré actuellement par son administration. Mais la passation de pouvoir à un gouvernement de transition irakien aura bien lieu le 30 juin prochain. "Et quand je dis quelque chose, les gens savent maintenant que je m'y tiens", a-t-il conclu, au risque de s'enfermer dans un discours de moins en moins bien accepté par ses concitoyens.

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